Pierre en prison

Il semble que, par intermittence, les autorités du Temple de Jérusalem lancent de nouvelles offensives contre les chrétiens.
Après quelques temps de répit permettant à Pierre et Jean de souffler, une nouvelle vague d’oppression survient. À l’initiative d’Hérode Agrippa Ier, qui cherche à plaire au Sanhédrin — le conseil des prêtres —, l’étau se resserre.
Jacques, l’un des fils de Zébédée et cousin de Jésus, est mis à mort. Fort de cette action, Hérode fait arrêter Pierre. L’apôtre est jeté en prison sous une garde renforcée : pas moins de seize soldats pour surveiller un seul homme.
Dès que l’arrestation est connue, une réunion de prière s’organise dans la maison d’une certaine Marie. Ce prénom, très répandu en Israël car issu de Myriam, la sœur de Moïse, désigne ici la mère de Marc l’évangéliste. Elle est aussi la sœur de Barnabas. Le lecteur attentif du Nouveau Testament remarquera d’ailleurs combien de liens étroits unissent tous ces protagonistes.
Pendant que la prière dure une bonne partie de la nuit, il se passe un événement incroyable en prison. Pierre dort tant bien que mal, enchaîné à deux soldats. Je vous ai bien dit que la garde était rapprochée !
Or, un ange survient dans la cellule alors que les gardes dorment à poings fermés. L’ange touche Pierre, le réveille et lui dit : « Lève-toi, on dégage ! » Les chaînes tombent, les portes s’ouvrent, et les gardiens semblent comme anesthésiés. L’ange insiste : « Mets ta ceinture, enfile tes sandales, on sort. »
Pierre, tel un automate, suit l’ange et se retrouve brusquement dans la rue.
L’ange disparaît.
L’apôtre, hébété, se demande s’il rêve. Il finit par se repérer et se met en route. Spontanément, il cherche la maison de Marie, car il sait qu’il y sera en sécurité. Arrivé à l’adresse, il frappe à la porte. Une servante nommée Rhode s’approche mais, vu le contexte, elle se méfie. Elle demande qui est là. Pierre répond. Rhode est tellement heureuse de reconnaître sa voix qu’au lieu d’ouvrir, elle court à l’intérieur annoncer la nouvelle : « Pierre est à la porte ! » On lui répond : « Tu es folle ! » Pendant ce temps, Pierre continue de frapper, ne comprenant pas pourquoi on le laisse dehors.
Finalement, on finit par lui ouvrir.
La joie est immense en découvrant que c’est bel et bien lui. Pourtant, il y a de quoi réfléchir : tout en priant pour sa libération, les disciples ne semblaient pas s’attendre à une réponse si directe de Dieu.
Le lendemain, la réaction d’Hérode ne se fait pas attendre. Découvrant que son prisonnier a disparu, il est hors de lui et fait exécuter les seize gardes. Un dénouement brutal qui, lui aussi, donne à réfléchir sur la cruauté du pouvoir de ce roitelet.




