La guerre entre les génération n’aura pas lieu

Le débat public oppose souvent les jeunes, confrontés à la précarité, au logement cher et à la dette publique, aux générations plus âgées, accusées d’avoir profité de la croissance, de l’immobilier accessible et d’un modèle social généreux. Cette lecture est simple, mais trop réductrice. La discipline de « l’économie des âges » rappelle que cette opposition entre jeunes et vieux traverse les époques : chaque génération tend à reprocher aux précédentes d’avoir occupé trop de place. En réalité, toute société repose sur des solidarités entre les âges. Les jeunes dépendent de la famille, de l’école et de la collectivité. Les personnes âgées dépendent des retraites, de la santé, de l’épargne et parfois de leurs proches. Les générations actives soutiennent les deux extrémités de la vie. Le vieillissement démographique est réel et impose des ajustements dans les transmissions intergénérations. Mais il ne signifie pas que la solidarité intergénérationnelle doive être abandonnée. L’enjeu est plutôt d’améliorer son efficacité, notamment en augmentant le taux d’emploi et en articulant mieux Etat, famille, épargne, éducation et santé.



