L’invitée du jour — Johanna Fite — Moustique-tigre : un fléau estival dont la lutte est l’affaire de tous

Chaque été, le moustique-tigre fait son retour en France, s’installant dans de plus en plus de régions. Reconnaissable à ses rayures noires et blanches, cette espèce invasive représente non seulement une nuisance quotidienne, mais également un enjeu majeur de santé publique en raison de sa capacité à transmettre des maladies. Johanna Fite, chargée de mission Vecteur et lutte antivectorielle sur PHARE FM, nous éclaire sur les moyens de s’en protéger et de limiter sa prolifération.
Un envahisseur discret mais redoutable
Arrivé en France en 2004, le moustique-tigre (Aedes albopictus) se distingue de ses congénères par plusieurs caractéristiques. « C’est une espèce avec des rayures noires et blanches et une petite ligne dorsale blanche sur le thorax près de la tête », précise Johanna Fite. Contrairement au moustique commun (Culex), qui trouble nos nuits, le moustique-tigre est « une espèce diurne qui ne fait pas beaucoup de bruit et qui pique le matin et le soir ». Sa discrétion n’enlève rien à sa nuisance.
Son expansion rapide s’explique par sa remarquable capacité d’adaptation. « Il résiste très bien sur de longues périodes sous la forme d’œufs, ce qui lui permet de résister à la dessiccation pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois », explique Johanna Fite. Cette résilience lui permet de passer l’hiver dans des climats tempérés, loin de son milieu d’origine tropical. Le réchauffement climatique et l’augmentation des températures favorisent également son essor.
Des risques sanitaires à ne pas négliger
Au-delà des piqûres irritantes, le moustique-tigre est « une espèce anthropophile, il pique les êtres humains et il est capable de transmettre des virus, le virus de la dengue, du chikungunya ou du zika ». Il n’est pas naturellement porteur de ces virus, mais il peut les acquérir en piquant une personne infectée (souvent une personne revenant de voyage) et les transmettre ensuite à son entourage.
Une lutte collective à toutes les échelles
Pour Johanna Fite, « il n’y a pas de solution miracle pour lutter contre les moustiques en général et le moustique-tigre en particulier ». La stratégie doit être menée à deux niveaux : individuel et collectif.
Agir au quotidien pour limiter la prolifération
L’action individuelle est cruciale et repose sur des gestes simples mais efficaces. « Il faut d’abord essayer d’éliminer les gîtes larvaires, c’est-à-dire toutes les petites quantités d’eau où il peut aller pondre », insiste l’experte. Cela inclut :
— vider les réceptacles sous les pots de fleurs ;
— nettoyer les gouttières ;
— couvrir les bassins de récupération d’eau de pluie ;
— retourner les objets pouvant recueillir l’eau dans le jardin ;
— veiller à l’écoulement de l’eau de pluie sous les terrasses sur plots ;
— mettre du sable sous les pots de fleurs.
En plus de l’élimination des gîtes larvaires, il est recommandé de se protéger des piqûres en portant des vêtements couvrants, en installant des moustiquaires aux fenêtres ou au-dessus des lits, et en utilisant des répulsifs disposant d’une autorisation de mise sur le marché.
Les autorités sanitaires en première ligne
Au niveau collectif, les Agences Régionales de Santé (ARS) jouent un rôle essentiel dans la protection de la population. « Des actions de lutte anti-vectorielle peuvent être menées lorsqu’il y a des cas de dengue, de chikungunya ou de zika pour éliminer les moustiques et tout risque de transmission de virus », rappelle Johanna Fite.
Que faire en cas de piqûre ou de symptômes ?
La plupart du temps, une piqûre de moustique-tigre est inoffensive. Cependant, « s’il y a des cas de dengue, de chikungunya ou de zika dans l’entourage, il ne faut pas hésiter à se signaler auprès des médecins en cas de symptômes et notamment de fièvre ». Cette vigilance est d’autant plus importante pour les personnes revenant de voyages dans des pays où ces maladies circulent.
En conclusion, la lutte contre le moustique-tigre est un défi complexe qui nécessite l’implication de chacun. « Il n’y a pas de solution miracle contre le moustique donc c’est vraiment l’affaire de tous », martèle Johanna Fite. En adoptant les bons gestes au quotidien et en restant vigilant, il est possible de limiter l’impact de cet envahisseur estival.








