L’invitée du jour — Céline Catar : Face au stress des examens, le rôle essentiel des parents

Les périodes d’examens sont souvent source de stress, non seulement pour les jeunes, mais aussi pour leurs parents. Comment les accompagner avec justesse et éviter de leur transmettre une pression supplémentaire ? Suivons les conseils de Céline Catar, conseillère d’orientation et éducatrice à la vie affective au Clerc, association qui accompagne les personnes à toutes les étapes de la vie. La préparation aux examens débute bien avant les dernières semaines de révision. Anticiper, créer un cadre serein et adapter l’accompagnement à la personnalité de chaque enfant sont des piliers essentiels pour aborder cette période avec plus de sérénité. Pour éviter le stress de dernière minute, Céline Catar souligne l’importance de l’anticipation. « Il est très important d’anticiper cette période d’examen, en anticipant les révisions, en les interrogeant toute l’année sur ce qu’ils font, en s’intéressant à leur programme », explique-t-elle. Les parents peuvent également superviser les méthodes de travail de leurs enfants, s’assurer que leurs cours sont bien organisés et leur apporter de l’aide sur les notions non comprises. Au-delà de l’aspect scolaire, établir un cadre serein à la maison est fondamental. « Il faut veiller au sommeil, qu’il y ait une heure du coucher raisonnable », insiste la conseillère. L’alimentation joue également un rôle crucial : « C’est peut-être l’occasion de leur faire plaisir en préparant leur plat préféré. » Enfin, un espace de travail calme est indispensable. Pour les étudiants éloignés de leur famille, multiplier les visios et les appels téléphoniques peut aider à leur apporter du soutien. La période des examens bouleverse le rythme quotidien des familles, générant tensions et fatigue. « Le rôle numéro un serait d’être disponible pour nos enfants en leur offrant une sécurité émotionnelle, c’est-à-dire être là, à l’écoute », affirme Céline Catar. Elle met en garde contre un piège fréquent : la projection du propre stress parental. « Le danger, ce serait peut-être de projeter notre propre stress. », précise-t-elle. Il est donc crucial de « savoir mettre une certaine distance entre ce que nous, on a pu vivre plus jeune et ce qu’ils vivent ». Chaque enfant réagit différemment face aux examens, d’où l’importance d’un accompagnement sur mesure. « L’essentiel, c’est un accompagnement sur mesure pour bien prendre en compte l’unicité de chaque enfant, puisque chaque enfant est différent, il a des besoins spécifiques », indique Céline Catar. Elle se réfère au concept des « langages de l’amour » de Gary Chapman : « Certains, par exemple, auront plus besoin de gestes d’affection, d’autres qu’on les aide à travailler en leur rendant service, les faisant réciter par exemple ou leur proposant de constituer un planning. D’autres auront besoin de moments de qualité lors des temps de pause. » La gestion du stress étant très différente d’un enfant à l’autre, il est primordial de s’adapter. Le stress des examens peut fragiliser l’estime de soi, surtout chez les jeunes qui doutent de leurs capacités. Comment les parents peuvent-ils les aider à retrouver confiance ? « L’estime de soi est composée de la confiance en soi et de l’amour de soi », explique Céline Catar. Concernant la confiance en soi, il s’agit de « leur permettre de ne pas douter de leurs compétences » et de « leur rappeler tout ce qu’ils savent faire ». Pour l’amour de soi, il est important de « leur redire l’amour inconditionnel que nous avons pour eux, même en cas d’échec ». « En tant que parent, je pense qu’on est les premiers acteurs pour donner confiance à nos enfants », ajoute-t-elle. Trouver le juste équilibre entre un accompagnement rapproché et l’encouragement à l’autonomie est un défi pour de nombreux parents. « C’est important d’encourager l’autonomie, puisque certains se débrouillent très bien, on peut faire confiance en leurs ressources », souligne la conseillère. Pour gérer le stress, l’écoute est primordiale : « Recueillir le stress qu’ils peuvent éprouver. Qu’est-ce qui se cache derrière ce qu’ils ressentent ? Est-ce que c’est la peur de décevoir ? Est-ce que c’est la peur de l’échec ? » Minimiser le stress de l’enfant est une erreur. « Le danger, ça serait de minimiser leur stress en disant ‘mais ce n’est rien, ce n’est que le brevet’. Et bien pour un enfant qui passe le brevet, c’est son premier examen et ce n’est pas rien. » Céline Catar rappelle la vision intégrale de la personne prônée par le Clerc, les « trois C » : « cerveau, cœur, corps ». « Il est important d’accompagner l’enfant dans ces trois dimensions. Ce ne sont pas que des cerveaux à bûcher, à travailler, à ingérer des connaissances, ils éprouvent aussi des émotions et il faut prendre soin de leur corps au niveau de l’alimentation et du sommeil. »Anticiper pour déjouer le stress de dernière minute
Le rôle clé des parents
Un accompagnement sur mesure pour chaque enfant
Restaurer la confiance en soi et encourager l’autonomie
Considérer l’enfant dans toutes ses dimensions




Christian David – Wikimedia / Le bar Le Constellation, qui a pris feu dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.



