L’invitée du jour — Dr Françoise Peskine : Les Babalias, quand les grands-parents deviennent le cocon des jeunes parents isolés

Face à l’isolement croissant des jeunes parents, l’École des Grands-Parents Européens (EGPE) déploie une initiative novatrice : les Babalias. Ce dispositif de soutien intergénérationnel propose un accompagnement humain et individualisé, recréant un lien précieux entre les générations et offrant un havre de paix aux familles en quête de repères. Le Dr Françoise Peskine, pédiatre et vice-présidente de l’EGPE, nous éclaire sur ce projet. Née en 2018, l’idée des Babalias – dérivé de “babouchka”, grand-mère en russe – vise à pallier le manque de soutien familial que rencontrent de nombreux jeunes parents aujourd’hui. Les Babalias interviennent auprès des familles dès la grossesse et accompagnent les jeunes parents jusqu’aux trois ans de l’enfant. « Nous observons le plus souvent des parents très isolés ou avec des liens difficiles », explique le Dr Peskine. Cette vulnérabilité est exacerbée par la fatigue, l’isolement et les doutes qui peuvent marquer les premières semaines après la naissance. L’objectif principal est de créer un « cocon » protecteur autour du bébé et de ses parents. L’accompagnement s’inscrit dans la durée, à l’écoute des demandes et du rythme des familles, avec la possibilité d’interrompre l’aide à tout moment. La plupart des familles sont orientées vers les Babalias par des partenaires tels que la Protection maternelle et infantile (PMI), des sages-femmes libérales ou des associations. L’EGPE bénéficie également de l’agrément de la Caisse d’allocations familiales, renforçant la légitimité et la reconnaissance de son action. « Le soutien d’un grand-parent plus proche, bien qu’il ne soit finalement pas forcément dans la famille, peut être tout à fait utile », souligne le Dr Peskine. Les Babalias apportent une écoute attentive et un réconfort nécessaire aux parents qui ont besoin d’être rassurés et de comprendre les enjeux de la parentalité, surtout face à un nouveau-né, parfois prématuré ou fragile. Les bénévoles des Babalias sont un groupe diversifié, souvent des grands-parents très motivés, issus de parcours variés. Leur préparation est essentielle pour garantir un accompagnement sécurisant et adapté. « Chaque mois, nous avons des réunions qui nous permettent d’ajuster au mieux le suivi individualisé et le suivi collectif, de façon à partager en présence de professionnels, l’analyse des situations familiales et la façon dont nous pouvons répondre au mieux », détaille le Dr Peskine. Les demandes d’accompagnement ne cessent de croître, témoignant de ce besoin profond de lien intergénérationnel. « Actuellement, beaucoup de familles sont très éloignées de leurs familles d’origine. Parmi les familles que nous aidons, il y a des familles qui sont souvent primo-arrivantes », constate le Dr Peskine. Malgré les outils de communication actuels, la présence physique et le soutien concret d’une personne proche restent irremplaçables. Les Babalias sont là pour combler ce vide, qu’il s’agisse d’une visite, d’un accompagnement au parc ou d’une simple écoute bienveillante. L’EGPE défend une vision de la famille où les générations s’entraident et se soutiennent mutuellement. Le Dr Françoise Peskine lance un appel : « Que ces familles n’hésitent pas à nous contacter si elles ont besoin de nous questionner sur le rôle que nous pouvons avoir. Et nous pourrons, dans un deuxième temps, si elles le souhaitent et après un délai de réflexion, répondre à leur demande. » Aux potentiels futurs bénévoles, elle conseille une rencontre avec les Babalias. « C’est une très belle aventure. » Les Babalias incarnent une solution humaine et chaleureuse face à l’isolement des jeunes parents, prouvant que la solidarité intergénérationnelle est une force pour construire un avenir plus serein pour les familles.Un soutien essentiel dès la grossesse
De la demande à l’accompagnement : un processus structuré
Les Babalias : des bénévoles préparés et dévoués
La force du lien intergénérationnel









