Le coût de l’utilisation du pétrole

On a parlé du coût du pétrole au cours des dernières semaines, mais il faut peut-être aussi évoquer le coût du changement climatique lié à l’utilisation des énergies carbonées ! Lorsqu’on regarde les modèles économiques classiques, le consensus suggérait qu’un réchauffement de 1 degré amputerait le PIB mondial de 1 à 3%. Autant dire une erreur d’arrondi à l’échelle d’un siècle. Mais une étude publiée par Adrien Bilal et Diego Känzig vient de faire voler ce consensus en éclats. Pour chaque degré supplémentaire de réchauffement mondial, la perte de PIB n’est plus de 1 ou 3%, mais de plus de 20% à long terme. Si nous continuons sur la trajectoire actuelle, un réchauffement de 3 degrés d’ici 2100, le monde perdrait plus de la moitié de son revenu par habitant (53%). Pour vous donner une idée de l’ampleur, c’est comme si nous vivions la Grande Dépression de 1929, mais de manière permanente et irréversible. Pourquoi une telle différence ? Traditionnellement, les économistes mesuraient l’impact de la chaleur pays par pays. Bilal et Känzig, eux, ont regardé la température globale. Quand la planète entière chauffe, ce n’est pas juste un été un peu plus chaud en France ou au Texas ; c’est un dérèglement massif des courants océaniques et de l’humidité atmosphérique qui multiplie les sécheresses et les ouragans partout en même temps. Mais l’étude apporte une lueur d’espoir pour l’action politique. Jusqu’à présent, on pensait que décarboner seul n’avait aucun sens économique pour un pays (le fameux problème du « passager clandestin »), mais avec ces chiffres il dévient « rentable » d’agir rapidement et significativement contre le réchauffement climatique.




