L’invité de la semaine – Yann Leibundguth – surfaceur de patinoire pour les Jeux Olympiques d’hiver 2026

Les Jeux Olympiques d’hiver 2026 étant terminés et les athlètes olympiques ayant quitté la patinoire de Milan, mettons la lumière sur un métier de l’ombre essentiel au bon fonctionnement du déroulement de ces jeux d’hiver : le surfaçage et l’entretien des pistes de glace. Pour cela, j’ai le plaisir d’accueillir Yann Leibundguth, surfaceur de patinoire de la Direction des Sports de Mulhouse Alsace Agglomération, ayant travaillé justement pour les récents Jeux Olympiques d’hiver.
Mon rôle principal aujourd’hui, c’est la gestion technique au sein de la patinoire. Ça englobe le travail du plan de glace, la gestion de la glace, parce que pour pouvoir faire une belle glace, que nos patineurs puissent patiner dans de bonnes conditions, on va devoir travailler sur les températures extérieures, sur les températures de glace, mais aussi sur l’hydrométrie qu’on a dans la salle. Donc tout ça, ça va varier en fonction du monde qu’on a et du type d’environnement.
J’ai eu la chance de pouvoir faire du hockey, j’ai commencé le patinage à l’âge de 3 ans et demi. Donc, j’ai toujours évolué dans ce monde-là et c’est toujours quelque chose qui m’a passionné. Donc, je suis très fier d’avoir fait les Jeux et de pouvoir ramener ça maintenant à M12 et essayer de faire en sorte que notre patinoire évolue dans de bonnes conditions.
Officiant d’ordinaire à la patinoire de Mulhouse, Yann Leibundguth a pu rejoindre les 12 surfaceurs chargés de préparer les patinoires en vue des épreuves olympiques sur glace, faisant de lui le seul Mulhousien parmi les surfaceurs à travailler pour un événement d’une telle ampleur que sont les Jeux Olympiques d’hiver 2026.
On était en tout et pour tout 12 surfaceurs répartis sur trois patinoires différentes. Mon rôle à moi, c’était de gérer la piste principale, donc les compétitions pour le patinage artistique. On était deux et j’avais deux autres collègues qui s’occupaient du short track, donc du patinage de vitesse.
Pour faire la glace pour les Jeux, on surfaçait à deux machines, toujours par binôme. On avait un binôme pour le patinage artistique et un binôme pour le short track. Mais j’étais le seul Mulhousien à aller aux Jeux. C’est élogieux de se dire qu’on nous appelle pour aller travailler pour une des compétitions les plus importantes et les plus reconnues dans le monde entier.
Un point d’importance qu’il ne faut pas négliger, c’est à quel point cette étape de préparation des pistes de glace est primordiale au bon déroulement des épreuves, à la sûreté des athlètes et à quel point cette tâche relève d’une précision pointilleuse, qui plus est lorsqu’elle concerne les plus grands jeux d’hiver de l’année.
On est au cœur direct de ce que les athlètes ont pu faire pendant ces Jeux puisqu’ils sont dépendants de la qualité de glace qu’on va leur donner. Si on leur donne une glace qui va être trop dure, ça va impacter leur saut et du coup leur prestation. Et si on leur donne une glace trop molle, ils risquent de se blesser, ils risquent de bloquer les patins dans la glace et à ce moment-là de se tordre un genou, une cheville ou de chuter et de se faire mal gravement.
On travaille pour des athlètes de très haut niveau, donc on va chercher la précision et l’exigence dans absolument tout ce qu’on fait. On essaie de ramener ça au mieux possible sur nos équipements, prendre le temps de faire les choses, ne pas se précipiter. Parce que sur un événement comme ça, la précipitation peut engendrer beaucoup de problèmes et d’erreurs.
Quand on va travailler sur certaines glaces, on va aller chercher au dixième de degré près.
Travailler pour un événement tel que les Jeux Olympiques d’hiver apporte forcément beaucoup de pression mais surtout beaucoup d’expérience au final, de l’expérience dont le représentant de Mulhouse compte bien faire profiter à celle de chez lui.
On avait la chance de gérer la pression déjà depuis longtemps parce qu’on avait un club de hockey qui était, il y a quelques années de ça encore, au plus haut niveau français. On arrivait toujours avec des patineurs entre 1 300 et 1 600 personnes. Donc la gestion du stress et du monde, on l’avait déjà. Mais c’est sûr qu’on a atteint un certain niveau.
On essaie de ramener les compétences qu’on a réussi à acquérir lors de ce genre d’événement. C’est un métier qui va évoluer en fonction de l’évolution des athlètes, comme sur les températures de salle ou l’hydrométrie. On essaie de ramener ça au mieux possible sur nos équipements et grâce à cela, on va pouvoir essayer de prétendre à une glace, pas olympique, mais tout de même de très bonne qualité à Mulhouse.









