Les hommes jaloux de Daniel

Dans l’Ancien Testament, on note les bouleversements politiques qui se produisent au Proche-Orient, et parfois au-delà ; de l’Égypte à Babylone. Or, le livre de Daniel raconte l’histoire de ce jeune exilé Israélite, à Babylone, autour des années 550 avant Jésus-Christ. Au début de sa déportation, Daniel, ainsi que de nombreux autres juifs déplacés, vit sous le règne de Nébucadnetsar, mais la dynastie babylonienne, et l’empire, vont chavirer sous les coups des Mèdes et des Perses qui s’imposent. Le nouvel empereur se nomme Darius, il est Mède, ce qui correspond à l’Iran actuel. Darius établi 120 postes de satrapes (des gouverneurs de provinces) pour quadriller son nouvel empire, et il nomme trois surintendants qui veillent à la mission des gouverneurs. Or, Daniel, qui n’a cessé de se faire remarquer au temps des rois de Babylone, et ce depuis déjà près de 50 ans, reste une référence. Il a eu de grandes responsabilités administratives et a survécu à tous les coups d’état que le pays a subi. Darius fait de lui l’un des surintendants et le texte biblique ne tarit pas d’éloges : « Il surpassait les autres surintendants, et tous les gouverneurs, par l’esprit exceptionnel qu’il avait en lui, si bien que le roi Darius projetait de lui confier la responsabilité du royaume tout entier. » Voilà qui est impressionnant ! À signaler, en passant, que pour les lecteurs juifs de la Bible hébraïque – c’est-à-dire pour nous l’Ancien Testament – le livre de Daniel ainsi que le livret de Joseph comme le livre d’Esther, sont des livres particulièrement étudiés pour discerner quel est le bon comportement du croyant lorsqu’il est en exil, sur une terre qui n’est pas la sienne. Or, si Daniel est un être aussi exceptionnel, et si les plus hautes instances sont prêtes à lui accorder encore plus de responsabilités et de pouvoirs, s’il force l’admiration de certains, il provoque aussi la jalousie. Et c’est ce qui se passe. Il fallait, pour ces derniers, ces gens plutôt tordus, discréditer Daniel aux yeux du roi pour que ce dernier accorde ces faveurs et sa confiance à d’autres. Ces hommes jaloux, aussi bien dans le camp des gouverneurs que dans celui des surintendants, vont chercher le défaut de la cuirasse, et il n’en trouve pas ! Là encore, le texte biblique est dithyrambique : « Ils ne purent trouver aucune faute ni aucun manquement, car il était parfaitement honnête ; aucune négligence ni manquement ne put lui être reproché. » Voilà donc qui complique la chose, mais vous le savez, le méchant ne renonce jamais et s’il ne peut poser un piège sur un chemin, il le posera sur un autre. Il est donc décidé d’attaquer Daniel dans sa foi. On sait qu’il adore le Dieu créateur, celui d’Israël, et donc on va tenter de le prendre en défaut, ou de le conduire dans les marécages des compromis. Les hommes jaloux vont aller jusqu’à manipuler le roi pour arriver à leur fin. 600 ans plus tard, dans un discours, Jésus dira : « C’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les vols, les mensonges, les jalousies, les calomnies… voilà ce qui souille l’homme ! » En attendant, l’étau se resserre autour de Daniel. Que va-t-il faire ?
(Daniel 6)





