Le banquet de Belshatsar

Nous sommes à Babylone – c’est l’Irak actuel – au moment où l’empire va chanceler, vers l’an 540 avant Jésus-Christ. Après le grand règne de Nébucadnetsar, la succession a été chaotique et maintenant règne incertain Nabonide qui fait la guerre à ses frontières pour tenter de maintenir l’empire. Pendant cela, dans la capitale, le fils de Nabonide, gère le pays et a tendance à aimer les fêtes. Il organise un grand festin pour flatter les hauts fonctionnaires. Il y a au moins un millier d’invités ; on mange beaucoup, on boit beaucoup et la débauche est au rendez-vous. Belshatsar, le prince et ses proches boivent dans des coupes en or qui ont été volées au temple de Jérusalem, quelques décennies plus tôt. Soudain, devant une assistance avinée, un étrange phénomène se produit. Sur le mur face aux convives, on voit une main se déplacer et inscrire quelque chose. Il y a des mots, mais ils semblent ne rien dire. Effrayés par cette vision, le roi et les invités reprennent un peu leurs esprits et Belshatsar déclare que celui qui décryptera le message sera récompensé. Tous les sages et autres sorciers restent incrédules et silencieux devant les mots écrits sur le mur. C’est alors que la reine mère intervient et tente de calmer Belshatsar, proche de la panique. Elle se souvient qu’au temps de Nébucadnetsar, Il y avait un jeune exilé juif capable de décoder les rêves et les énigmes. Il faut donc faire venir cet homme qui s’appelait, à l’origine, Daniel. On va donc chercher ce Daniel qui, manifestement, n’était pas de la fête. Belshatsar le presse d’interpréter les mots mystérieux sur le mur, et promet au prophète des cadeaux somptueux et une promotion dans le gouvernement du royaume. Daniel répond : « Garde pour toi tes cadeaux ; je vais déchiffrer. Et je vais te rappeler certains faits. Il faut remonter à l’époque de Nébucadnetsar. C’était un grand roi et c’est de Dieu qu’il avait reçu sa puissance. Mais il a oublié de qui il avait reçu tout cela, et il est devenu orgueilleux, oubliant Dieu. Alors Dieu l’a fait tomber de sa hauteur et Nébucadnetsar, dans sa folie, en est venu à manger du foin comme les bêtes. Bête à manger du foin ! ( peut-être l’expression vient-elle de là !) Alors, Nébucadnetsar s’est souvenu de Dieu et Dieu l’a restauré. Toi, Belshatsar, son descendant, tu sais ces choses, mais tu as défié le Seigneur des cieux lorsque tu as utilisé les coupes qui venaient du temple, tout en chantant des louanges aux faux dieux. Alors, Dieu t’avertit avec cette inscription. Il est écrit : Mené, mené, tekel et parsin, ce qui veut dire : compté, pesé et divisé. Voici, Belshatsar, Dieu a fait les comptes et il a pesé ta vie. Tu ne fais pas le poids ! Alors divisé sera ton royaume ! Il sera donné aux Mèdes et aux Perses ! » Tout le monde demeure perplexe face à ces révélations, mais il n’a pas fallu longtemps pour en vérifier le sens puisque cette même nuit, Belshatsar a été tué, tandis que la capitale a été attaquée et envahie par Darius le Mède.
(Daniel 5)





