La fournaise ardente

Le roi de Babylone, Nébucadnetsar, comme pas mal de dictateurs, est un peu – et même beaucoup- mégalomane. Il vit en 600 avant Jésus-Christ, et il se fait construire une immense statue : 30 m de haut, 3 m de large. Elle est érigée dans la province où l’administration a été confiée à trois jeunes gens originaires d’Israël et à qui le roi a accordé pas mal de pouvoir. Ces trois jeunes élites se nomment Shadrak, Meshak et Abednégo. Au moment de l’inauguration de la statue, le roi exige que toute la noblesse, tous les chefs militaires, tous les magistrats soient présents et se prosternent devant elle, elle qui représente le roi. Le rituel est simple : au moment où les instruments de musique retentissent, tous doivent s’incliner et manifester leur soumission, pour ne pas dire leur dévotion. Mais on vient dire au roi que les trois juifs ne se sont pas présentés à l’inauguration. Ils sont aussitôt convoqués devant Nébucadnetsar qui leur demande si cette absence est délibérée. Les trois jeunes gens entendent la menace pour tous ceux qui refusent d’adorer la statue : ils seront jetés dans une fosse où un feu ardent est entretenu. « Alors, demande le roi, êtes-vous prêt à vous incliner devant la statue dès que retentiront les instruments ? » Une réponse unanime est donnée : « Certainement pas ! Si nous sommes jetés dans la fournaise, le Dieu que nous servons et devant qui nous nous inclinons, saura nous délivrer. Et même s’il ne le fait pas, sache que nous n’adorerons pas tes dieux, ni cette statue ! » S’en est trop pour le roi qui fait activer le feu sept fois plus que d’ordinaire, et il fait jeter les trois jeunes hommes ligotés, tout habillé. La fournaise est si brûlante que les soldats chargés d’y jeter les trois hommes, meurent de suffocation. C’est alors que le roi, qui observe la chose de loin, interpelle son entourage : « Est-ce que vous voyez ce que je vois ? N’a-t-on pas jeté trois hommes, et voilà que je vois quatre silhouettes marcher au cœur des flammes ! » Il s’approche autant que possible de la fournaise, et se met à appeler les victimes : « Shadrak, Meshak et Abednégo, est-ce bien vous ? Sortez de là et venez ! » Les trois hommes arrivent, indemnes. Le roi et tous ceux qui l’accompagnent n’en croient pas leurs yeux. Les trois individus sont non seulement bien en vie, mais les cheveux n’ont pas même roussi et les vêtements ne sentent même pas la fumée ni le feu. Nébucadnetsar s’écrie : « Loué soit le Dieu de ces hommes. Il a envoyé son ange pour les protéger au cœur même de la fournaise. Ils ont été constants dans leur foi, ils ne se sont pas détournés de leur Dieu, même sous la menace. Il n’existe pas d’autres dieux qui puisse sauver ceux qui lui font confiance. Quiconque dira du mal du Dieu d’Israël sera maudit ! » Shadrak, Meshak et Abednégo retrouvent leur poste dans la province de Babylone, protégés par le roi lui-même.
(Daniel 3)




