L’invité du jour — Oscar Bourgeois détient la solution écologique automobile

Alors que le budget automobile explose, en moyenne 416 € par mois, et que les enjeux écologiques deviennent pressants, de plus en plus de Français s’interrogent sur l’avenir de leur mobilité. L’autopartage apparaît comme une solution d’avenir, mais il peine encore à se démocratiser. Une alternative émerge : le partage de voitures entre proches. Pour en parler, je reçois Oscar Bourgeois, cofondateur de Cartage.
Les coûts liés à la voiture individuelle n’ont jamais été aussi élevés, un contexte qui favorise l’émergence de nouvelles formes de mobilité, notamment le partage de voitures. L’estimation de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, selon laquelle une voiture partagée remplace entre cinq et huit voitures individuelles, met en lumière la manière dont nous utilisons aujourd’hui l’automobile. L’autopartage existe déjà mais peine encore à se démocratiser, en raison de freins importants rencontrés par les utilisateurs. Le partage de véhicules entre proches — famille, amis ou voisins — apparaît comme une réponse simple, crédible et immédiate à ces obstacles.
« Pour moi, le point de départ, ce sont les coûts énormes liés à la voiture individuelle, aussi bien économiques qu’écologiques, puisqu’elle représente aujourd’hui l’un des premiers postes d’émissions carbone. C’est ce constat qui nous a poussés, avec Raphaël, à créer Cartage : une assurance à 5 € par jour pensée pour faciliter le prêt de voiture entre personnes qui se connaissent au moins un peu, et ainsi offrir une alternative concrète à la possession de plusieurs véhicules par foyer. Le vrai frein reste l’attachement symbolique à la voiture, perçue comme un outil de liberté, mais je suis convaincu qu’on peut retrouver presque autant de souplesse avec des formes de mobilité partagée. Et souvent, tout commence simplement en prêtant son véhicule à un proche ou à un collègue : c’est une porte d’entrée naturelle vers une manière plus collective – et plus durable – de penser la mobilité. »
Ce modèle de partage automobile repose sur un fonctionnement spécifique qui en fait une solution distinctive sur le marché. Les 3 000 à 4 000 prêts mensuels déjà accompagnés témoignent des besoins réels des Français, qui cherchent des alternatives plus flexibles et plus accessibles à la voiture individuelle. Cette approche favorise une mobilité plus sobre, plus solidaire et davantage alignée avec les objectifs environnementaux. Elle esquisse aussi une vision de la mobilité dans dix ans où le partage entre proches, s’il se démocratisait réellement, pourrait transformer durablement les pratiques et les usages.
« L’idée derrière Cartage, c’est de proposer une assurance complémentaire qui vient se superposer à celle du propriétaire, afin de couvrir les franchises, les dommages non pris en charge et même le malus si un sinistre survient pendant un prêt de véhicule. On a voulu lever le principal frein psychologique au partage de voiture, qui est la peur pour le propriétaire de payer plus cher par la suite, en l’indemnisant financièrement si son assurance augmente. Avec la hausse du prix des véhicules, je vois de plus en plus de gens chercher des alternatives : mutualiser, prêter ou amortir les coûts plutôt que multiplier les voitures individuelles. Et, à terme, j’aimerais qu’on évolue vers un modèle où seuls les usages indispensables gardent une voiture personnelle, et où les besoins ponctuels sont couverts par quelques véhicules partagés entre voisins ou résidents, plutôt que par une vingtaine de voitures qui dorment au parking. »









