La fin de Jézabel

Un nouveau roi est acclamé, en Israël, en 841 avant Jésus-Christ. Il se nomme Jéhu et il a été désigné par Dieu pour remplacer le roi Yoram, manifestement un mauvais roi. Yoram avait succédé à son frère aîné, lequel succédait à son père Achab. Or, le texte biblique dit que Yoram régna douze ans ; il fit ce que l’Éternel considère comme mal, sans toutefois être allé aussi loin que son père Achab et sa mère Jézabel. Or, Yoram mort, tué par Jéhu, Jézabel est la prochaine cible du nouveau roi. Contre elle, Élie puis Élisée, deux grands prophètes d’Israël, n’ont cessé d’avertir, de critiquer, de condamner ses agissements. Elle était, à l’origine, fille du roi de Sidon, autrement dit originaire de Phénicie. La Phénicie est, aujourd’hui, le Liban. Elle n’avait pas du tout la même religion que son mari, le roi Achab d’Israël, puisqu’elle, elle adorait le Dieu Baal et la déesse Astarté. Elle avait même fait construire des temples pour ses idoles et entretenait des centaines de prêtres attachés à ces dieux étrangers. De plus, elle avait essayé d’éradiquer le culte à l’Éternel, le Dieu d’Israël, et avait fait tuer de nombreux prêtres et prophètes. Élie et Élisée avaient toujours été menacés, mais ils avaient aussi été protégés par Dieu. Or, Élisée qui a fait de Jéhu le nouveau roi, lui a aussi laissé des consignes : il faut faire disparaître Yoram – ça c’est fait ! – il faut également se débarrasser de Jézabel. Et après cela, la liste continue : il faut exterminer toute la dynastie d’Achab. Jéhu arrive donc devant le palais où se trouve Jézabel. La reine mère, croyant sans doute être en sécurité et avoir assez de pouvoir pour vivre encore, prend le temps de se farder, d’arranger sa chevelure, de se faire belle avant de se montrer à sa fenêtre. Elle interpelle Jéhu : « Viens-tu en paix, nouveau Zimri ? Assassin de ton roi ? » Il y a, dans cette demande, une allusion à un fait ancien. Zimri, 45 ans à plus tôt, avait tué le roi d’Israël et exterminé sa famille, mais il n’avait lui-même régné qu’une semaine. Il s’était suicidé par le feu quand on cherchait à le faire mourir. La pique de Jézabel est pleine de venin, mais Jéhu ne se laisse pas impressionner. Il crie, en direction du palais : « Qui de vous est pour moi ? » Plusieurs serviteurs du palais se pointent aux fenêtres pour faire signe au roi. Alors, Jéhu leur dit : « Jetez-là par la fenêtre ! » Et c’est ainsi que la cruelle Jézabel meurt, défenestrée. Jéhu abandonne le corps là où il est tombé, et entre dans le palais pour fêter son intronisation. Au bout d’un moment, Jéhu ordonne qu’on aille récupérer le corps de Jézabel pour l’enterrer : « Après tout, c’est une fille de roi ! » dit-il. Mais on ne trouve que son crâne, ses pieds et ses mains. Les chiens ont déjà dévoré l’essentiel de son cadavre. On se souvient alors que telle était la prophétie d’Élie, prononcée bien des années plus tôt.
(2 Rois 10)





