L’étrange fin du siège de Samarie

Depuis des semaines et des semaines, Samarie agonise. La ville est assiégée par l’armée syrienne, et le roi ennemi d’Israël, Ben-Hadad est implacable. Il sait que les Israélites vont abandonner et se livrer à son armée. Il y a une telle famine derrière les remparts de la capitale, que les gens mangent d’autres gens ! Le roi d’Israël reconnaît alors que le malheur qui touche sa ville et sa population est une sanction de Dieu parce qu’il a oublié de le servir, et surtout parce qu’il s’est tourné vers d’autres idoles. Il est temps de revenir à Dieu. C’est le message du prophète Élisée qui signale enfin que le siège va finir et que le lendemain même, la population aura des vivres en abondance. Lorsque l’émissaire du roi entend cette prophétie, il n’y croit pas et se moque même d’Élisée, lequel lui rétorque : « Tu le verras de tes propres yeux, mais tu n’en profiteras pas ! » Or, à ce moment-là, trois lépreux vivant à l’écart dans la ville assiégée, décident de sortir et de se livrer aux Syriens. Ils se disent qu’en restant dans la ville, ils allaient mourir comme beaucoup, et qu’en sortant, ou les Syriens ne les approcheraient pas à cause de leur lèpre, ou les tueraient. « Nous n’avons pas grand-chose à perdre ! » Ils sortent donc de la ville, très tôt le matin, alors que tout semble calme. Arrivés à la hauteur des campements syriens, ils s’étonnent de ne trouver personne. Pas de soldats. Le camp semble déserté. De fait, la veille, l’Éternel avait fait entendre aux assiégeants le bruit d’une grande armée, et les Syriens épouvantés, on crut que l’armée égyptienne et l’armée hittite étaient en train d’attaquer pour venir au secours des Israélites. Paniqués, tous les Syriens avaient pris la fuite, abandonnant tout sur place, y compris les chevaux, les ânes, le bétail et leur réserve de nourriture. Les trois lépreux, remis de leur surprise de ne voir personne, trouve rapidement de quoi boire et manger, et ils ne s’en privent pas ! Ils découvrent aussi de l’or et de l’argent, qu’ils s’empressent de récupérer et d’aller cacher. À un moment, l’un d’eux interpelle les autres en disant : « Ce que nous faisons n’est pas bien ! Ce jour est une bonne nouvelle pour nos concitoyens. Ils meurent de faim et voici, l’ennemi est parti et il y a de quoi nourrir tout le monde. Allons prévenir le palais royal ! » Ils retournent à la ville et appellent les sentinelles pour les avertir de ce qui se passe, pour dire que les Syriens se sont enfuis et qu’il n’y a plus de siège. Mais les soldats pensent que c’est là une ruse pour faire sortir la population et l’exterminer. Par prudence, on délègue une petite troupe pour aller vérifier, et quand on découvre qu’en effet les Syriens ne sont plus là, la nouvelle qui déjà circulait dans la ville, suscite une ruée de la population affamée vers le camp déserté. L’émissaire du roi qui n’avait pas cru la prophétie d’Élisée, est lui aussi à la porte de la ville, découvrant ce qu’il en est, mais avant qu’il puisse l’éviter, il est bousculé puis piétiné par la foule excitée courant vers les vivres des Syriens. Il a vu, mais il n’en a pas profité !
(2 Rois 7)




