Une terrible famine

Entre les années 870-800 avant Jésus-Christ, en Israël, la vie n’était vraiment pas facile, notamment pour le peuple. Et ce à cause de l’infidélité des rois et de la façon dont ils se détournaient du Dieu de leurs ancêtres, Abraham Isaac et Jacob. Les prophètes n’arrêtaient pas d’avertir et de menacer : Si vous vous détournez de Dieu, il se détournera de vous et il ne pourra pas vous protéger des malheurs qui surviennent. Dans cette longue période, un des malheurs récurrents pour Israël, c’est la Syrie qui ne cesse de lui faire la guerre, tentant d’occuper une partie toujours plus grande de son territoire. Or, voici que Ben-Hadad, roi de Syrie, mobilise à nouveau son armée pour assiéger la Samarie, région où se trouve la capitale et le roi d’Israël. Le siège dure longtemps et c’est la misère la plus complète dans la population israélite. Les denrées sont rares et les prix exorbitants. La Bible précise qu’une tête d’âne pouvait alors valoir 80 pièces d’argent ; et je me demande s’il y a beaucoup à manger dans une tête d’âne. La situation pour les assiégés est catastrophique. Un jour, le roi qui inspectait les remparts de la ville, est interpellé par une femme du peuple : « Ô roi ! Viens à mon secours ! » Le roi lui répond qu’il n’a pas trop les moyens d’aider la population puisqu’il n’y avait plus ni blé ni vin même au palais. Il lui demande pourtant de quel secours elle a besoin. La femme lui désigne une autre femme, sa voisine, et raconte : « Nous mourrons de faim et hier, cette femme m’a dit ‘donne ton fils ! Nous le mangerons aujourd’hui et demain, ce sera le tour du mien !’ Oui, vous avez bien entendu : la famine est telle que les gens se mettent à manger leurs propres enfants ! La femme continue sa plainte : « Nous avons donc fait cuire mon fils et nous l’avons mangé. Mais le lendemain, quand je lui ai dit ‘donne ton fils’, elle la caché ! » Lorsque le roi entend cette histoire épouvantable, il déchire ses vêtements en signe de deuil et d’effroi. Et il déclare : « Tout cela est de la faute du prophète Élisée qui nous a annoncé ce malheur. Que Dieu me punisse sévèrement si sa tête reste sur ses épaules aujourd’hui ! » Il envoie un messager chez Élisée. Or, le prophète est justement en train de discuter avec des responsables de la ville. Élisée leur dit : « Le roi m’envoie un messager avec l’intention de me couper la tête ! » Il a à peine dit cela que l’émissaire royal arrive et déclare : « Le roi reconnaît que le mal vient de l’Éternel ! Que faut-il faire pour calmer sa colère ? » Élisée répond haut et fort pour que tout le monde l’entende : « Demain, à cette même heure, sur la place de Samarie et aux portes de la ville, il y aura de la nourriture en abondance pour tous, et vous saurez que l’Éternel est Dieu ! » L’émissaire rétorque : « Bah voyons ! Même si l’Éternel perçait des trous dans le ciel, comment pareille chose pourrait se produire ? » Élisée lui dit alors : « Tu le verras de tes propres yeux, mais toi, tu n’en profiteras pas ! » C’est ce qu’on appelle souffler le chaud et le froid !
(2 Rois 6-7)




