La faute de Guéhazi

Naaman, un général syrien, homme très influent dans son pays, avait tout pour être heureux, mais il avait attrapé la lèpre. Sur le conseil d’une petite esclave d’origine israélite, Naaman est allé jusqu’en Israël pour rencontrer le prophète Élisée. D’après la fillette, l’homme de Dieu avait le pouvoir de guérir son maître. Encouragé par son ami le roi de Syrie, et porteur de 350 kilos d’argent, de 70 kilos d’or et de nombreux vêtements luxueux pour payer la consultation, Naaman arrive au mont Carmel, chez le prophète. Le remède est le suivant : il faut se tromper sept fois dans les eaux du Jourdain pour être guéri de la lèpre. D’abord hésitant (c’est trop simple) Naaman finit par se jeter dans le Jourdain et lorsqu’il en sort pour la septième fois, c’est pour constater qu’il est guéri, avec une peau de jeune adolescent. Aussitôt, Naaman retourne chez le prophète pour le récompenser de son intervention ; il lui offre l’argent, l’or et les vêtements. Mais Élisée refuse d’être payé. Savoir que désormais Naaman abandonnerait ses idoles pour adorer l’Éternel, le Dieu d’Israël, est suffisant. Le syrien et son escorte rentrent donc chez eux. Oui mais voilà, le serviteur d’Élisée, Guéhazi, trouve que son maître aurait dû accepter les cadeaux. Aussi se met-il à la poursuite de Naaman et lorsqu’il le rejoint, Naaman qui reconnaît le serviteur du prophète, lui demande : « Tout va-t-il bien ? – Oui, répond Guéhazi, sauf que des gens sont arrivés à l’improviste chez Élisée et pour bien les recevoir, Élisée te demande si tu ne pourrais pas le dépanner un peu : une trentaine de kilos d’argent et deux vêtements de rechange, sans te commander ! » Naaman insiste pour que le serviteur accepte deux sacs d’argent, soit 60 kilos, et des vêtements d’apparat. Guéhazi emporte le tout et dépose ce butin chez lui, avant de retourner auprès de son maître Élisée. Élisée qui lui demande : « Tu étais passé où ? D’où viens-tu ? » Effronté, Guéhazi répond : « J’étais nulle part ! » Ce à quoi le prophète rétorque : « Crois-tu que je n’aie pas vu ce qui s’est passé, là-bas, lorsque tu as rejoint Naaman ? Crois-tu que c’était bien de lui réclamer de l’argent et des vêtements ? » On peut imaginer que Guéhazi a été surpris, et même pris la main dans le sac. Il ne connaissait pas assez son maître pour se douter qu’on ne pouvait rien lui cacher ? Quoi qu’il en soit, Élisée le prophète lui annonce une sanction terrible : « Puisque tu as fait cela, la lèpre de Naaman s’attachera à toi et à tes descendants pour toujours ! » Oups ! Alors, Guéhazi quitta Élisée, atteint d’une lèpre blanche comme la neige ! Je me demande s’il a eu l’idée d’aller se tromper sept fois dans le Jourdain, mais s’il l’a fait, je ne suis pas sûr qu’il ait été guéri pour autant !
(2 rois 5)




