La vigne de Naboth

Parfois, la Bible raconte une histoire avec force détails, et on se demande tout de même pourquoi ? Une histoire de voisinage compliquée, par exemple ! C’est presque drôle si ce n’était pas terrible. Cela se passe en Israël, vers l’an 850. Nous sommes dans la capitale du roi Achab, roi de Samarie. À Jizréel, Il y a le palais du roi, et à côté du palais, il y a une vigne. Cette vigne appartient à un certain Naboth. Le roi Achab aimerait bien récupérer le terrain de Naboth, parce qu’il voudrait doter le palais d’un potager. Pourquoi pas ? Achab va donc voir Naboth pour lui demander ce terrain. Il est prêt à le payer selon sa valeur, ou de donner à Naboth un autre terrain, ailleurs. Mais Naboth ne veut pas céder cette vigne qu’il a reçu en héritage et qui est dans sa famille depuis plusieurs générations. Achab rentre au palais très déçu. Déconcertée au point de se coucher sans manger comme un enfant à qui on a refusé un jouet. Jézabel, sa femme, lui demande ce qui trouble à ce point son mari et le roi lui explique ce qu’il en est. Jézabel monte aussitôt sur ses grands chevaux et secoue Achab : « Enfin ! Tu es le roi ou pas ? Ce n’est pas un voisin insignifiant qui peut empêcher de faire ce dont tu as envie. Puisque tu tiens à cette vigne, c’est moi qui te la donnerai. » Dans la foulée, Jézabel écrit aux magistrats de la ville, au nom du roi et elle dénonce Naboth, le faisant passer pour un sale type qui maudit Dieu et le roi. Elle demande qu’il soit jugé et qu’on trouve deux hommes que l’on paiera pour qu’ils témoignent contre Naboth. Et les magistrats acceptent ce plan et cette série de mensonges, sans doute pour ne pas irriter le roi et, derrière le roi, la reine. C’est ainsi que Naboth fut convoqué par les responsables de la ville et accusé faussement. Les témoins prétendent que Naboth est un mécréant capable de maudire son roi et finalement, le pauvre Naboth est condamné à la lapidation. En effet, dans le livre de l’Exode, il est dit : « Tu ne maudiras pas Dieu ni le prince de ton peuple » (Exode 20. 28). On le traîne donc hors de la ville et on s’acharne en le tuant à coups de pierres. Lorsque Jézabel apprend la mort de Naboth, elle se rend aussitôt auprès de son époux, le roi Achab, et lui déclare : « Lève-toi et prend possession de la vigne de Naboth ; celui qui te refusait ce terrain est mort ! » Sans chercher à savoir quoi que ce soit de l’issue de cette histoire, Achab se rend aussitôt sur place pour s’emparer de cette fameuse vigne. Jézabel a montré sa cruauté et son pouvoir, et personne ne semble oser lui faire le moindre reproche. Sauf que Dieu n’est ni aveugle ni sourd, et il envoie Élie le prophète, son porte-parole, pour avertir Achab : « Tu as laissé mourir Naboth, sache que là où les chiens ont léché le sang de ce Naboth, les chiens lécheront aussi le tien ! Quant à Jézabel, sache qu’elle sera dévorée par des chiens, elle aussi ! » Je ne suis pas sûr que Achab ait regardé la vigne de Naboth de la même façon, après ces menaces !
(1 Rois 21)





