L’invité du jour – Entretiens pastoraux sur les pistes de ski, avec Père Geoffroy Genin

Rencontre insolite entre sport et foi dans les Alpes Savoyardes. Direction la Haute-Maurienne où le père Geoffroy Genin conduit des entretiens pastoraux sur les pistes de ski et plus particulièrement dans les télésièges.
Quelques minutes d’ascension mises à profit pour élever son âme en pleine nature et les pieds dans le vide.
Il est avec moi sur PHARE FM, Geoffroy Genin, passionné de ski et de montagne mais aussi et surtout curé des paroisses Notre Dame de l’alliance et notre dame du charmet en terres Savoyardes.
Partager autour de la foi dans un télésiège n’est pas quelque chose de commun.
Depuis que je suis dans les diocèses de Savoie, notamment dans les stations de ski, les paroissiens avec qui je skiais ou qui m’invitaient à skier avec eux me disaient « Attends, est-ce que tu n’as pas deux secondes à me confier » – « Si, très bien, on est bien, on est sur le télésiège et puis on part. ». Et c’est parti comme ça de la demande de paroissiens d’avoir un moment d’intimité, de pouvoir se poser et recevoir le sacrément du pardon en eux, la miséricorde de Dieu, son amour, sa présence, et puis de vivre ça dans l’ordinaire d’une vie. Et le télésiège, pour beaucoup en montagne, c’est l’ordinaire d’une vie.
Le cœur du Père Geoffroy Genin est de rejoindre les personnes dans leur réalité. Il nous explique comment se déroule un entretien avec lui sur un télésiège.
Étant donné que la montée en télésiège est un temps court, je les invite à aller droit au but. Qu’est-ce qui ne va pas ? Qu’est-ce qui pèse ? Qu’est-ce qui t’ennuie ? Qu’est-ce qui te chagrine ? Qu’est-ce que tu regrettes ? Leurs histoires de relations avec leurs voisins (qu’il fait trop de bruit la nuit…), ça ne m’intéresse pas ! Mais comment il a réagi avec son voisin … ça, ça m’intéresse. Donc en fait, c’est quel est ton poids ? Quel est ton souci ? Quelle est ton espérance aussi ? Quelle est ton attente ? Et très très vite, en fait, on va à une certaine forme d’essentiel.
Des histoires marquantes sur ces télésièges ?
Les histoires sont toujours marquantes par le fait qu’on ne s’en souvient pas le lendemain et aux prochaines rencontres, elles réapparaissent. Touchantes, oui ! De l’humanité, de la fraternité, des histoires de famille, des soucis qui font mal. Ça pose la question de la place de l’Église et de la façon dont elle rejoint la société.
Le Père Geoffroy Genin nous partage sa vision de l’Eglise avec un grand E.
Je la vois, ou je la verrais comme dans les Évangiles. C’est le levain dans la pâte. L’Église dans notre société européenne contemporaine, mais nécessaire pour donner un peu de souffle, donner un peu de lumière, donner un peu d’espérance. J’entendais de nos papes précédents nous dire, allez aux périphéries, sortez de vos canapés. Alors j’ai peut-être la chance de vivre ça de façon assez spontanée. Et je ne me vois pas confiné entre quatre murs et dans mon jardin. Et la rencontre, la participation à l’activité d’un lieu est essentielle. Je vis en montagne et il y a très souvent, des corvées en montagne. Il faut refaire un chemin, couper des arbres qui barrent les sentiers. J’aime être là parce que je suis avec.
Et celles et ceux qui n’osent pas parler des choses de l’âme ?
Peut-être en se dévoilant soi-même. Oui. Tout simplement. Si moi je parle de ma foi, de la manière dont je prie, dont je dis l’évangile … si je parle de mes doutes et de mes questionnements, je pense que j’ouvre la porte à ceux qui n’osent pas parler de leur intériorité.
Le Père Geoffreoy Genin encourage toutes celles et ceux qu’il croise sur les pistes de ski et dans les télésièges, une belle initiative qui pose question sur la place de l’église dans une société post-moderne. Il nous partage ses rêves pour la France et plus particulièrement dans les belles montagnes savoyardes.
J’aimerais qu’il y ait un petit peu plus de croyants, c’est-à-dire que l’Église ait pu en toucher beaucoup, que la parole, l’Esprit-Saint soit plus présent et donc qu’il y ait plus de participants à cette Église, plus de bénévoles, … J’aimerais que les gens puissent parler librement de leur foi. Ce n’est pas que ce soit interdit, mais on se l’interdit nous-mêmes. Être assez à l’aise pour parler de soi, de ce qui nous habite, de ce qui nous motive. J’aimerais une église qui ne juge pas, qui ne pointe pas du doigt. J’aimerais une église heureuse, joyeuse. Le simple bonheur de savoir que l’on est aimé. que l’on peut aimer et se dire que ça c’est à portée de main, c’est l’église que j’aimerais.
Pour partager un moment avec lui…
Le plus facile c’est de venir à Val-Cenis, en Haute-Maurienne, et un lundi par exemple, et à partir de 11h jusqu’à 12h30 sur le télésiège du Solaire.









