Élie et la veuve de Sarepta

C’est autour des années 860-850 avant Jésus-Christ que le prophète Élie a été une figure importante dans l’histoire d’Israël. Ce prophète, tout dévoué à l’Éternel, au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, a vécu une époque bien compliquée pour un homme comme lui, puisqu’il est contemporain du roi Achab. Or, le roi Achab et sa femme, la reine Jézabel, avaient tendance à adorer des idoles comme Baal et Astarté, plutôt que le Dieu d’Israël. Le prophète entre régulièrement en conflit ouvert avec le couple royal et c’est pour avertir d’un jugement divin qu’il annonce une sécheresse sur tout le pays. Une sécheresse qui va durer près de trois ans ! Élie se sent menacé par le roi et par la reine, surtout la reine, qui se vante d’avoir exterminé de nombreux prêtres du culte à l’Éternel. Dans un premier temps, Élie se cache dans un secteur isolé, près d’un torrent, mais à cause du manque de pluie, le torrent s’assèche et le prophète reçoit l’ordre de Dieu de se réfugier à Sarepta, une ville de Sidon, c’est-à-dire en Phénicie, au nord d’Israël. Là, Élie est conduit par l’esprit de Dieu jusque vers une veuve. De fait, Dieu a déjà parlé à cette femme et il lui a dit d’accueillir son messager. En arrivant aux abords de la ville, Élie rencontre cette femme qui ramasse du bois. Il lui demande de l’eau à boire, et elle lui en donne. Une fois abreuvé, il lui demande si elle a du pain, ce à quoi elle répond : « l’Éternel est vivant ! Désolé je n’ai pas de pain cuit, mais j’allais en préparer. C’est pourquoi je ramasse ce bois. Il me reste un peu de farine et un peu d’huile, juste de quoi faire un pain pour mon fils et moi, après quoi, je n’ai plus rien ! » Élie lui répond : « N’ai crainte ! Va me préparer un petit gâteau et fais-en un pour toi et pour ton fils. Car ainsi parle l’Éternel : la farine de ton pot ne manquera pas et l’huile de ta cruche non plus. Ce sera sans fin jusqu’à ce que la sécheresse cesse. » Et c’est ainsi que pendant plusieurs mois, Élie demeure chez la veuve de Sarepta et tous les trois, avec le fils, ils ont toujours de la farine dans le pot et de l’huile dans la cruche. Bien des siècles plus tard, Jésus reparle de cette histoire surprenante du prophète Élie. Il précise qu’un prophète n’est jamais bien accueilli dans son pays et pour illustrer son propos, il rappelle l’histoire d’Élie qui annonçait la Parole de Dieu, mais qui était menacé à cause de ces mêmes paroles. Et Jésus précise : « Il y avait beaucoup de veuves en Israël, au temps d’Élie et de la sécheresse, mais c’est vers une veuve étrangère que Dieu a conduit son prophète, parce que cette étrangère était prête à entendre Dieu, ce que les Israélites n’étaient pas ! » Ce rappel de Jésus n’a pas été apprécié par ceux qui l’écoutaient ; ce qui confirme bien que nul n’est prophète dans son pays !
(1 Rois 17)




