Achab, le roi manipulé !

Des années 930 à 730 avant Jésus-Christ, Le royaume du Nord, autrement dit Israël, a connu de nombreux rois dont la plupart furent de très mauvais rois. Or, quand la Bible qualifie mauvais ces monarques, c’est parce qu’ils sont infidèles au Dieu d’Israël, au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Dans la longue liste, on arrive, vers 875 avant Jésus-Christ, au pire de tous. Il se nomme Achab. Il succède à son père, Omri, qui avait été roi une petite douzaine d’années et qui avait sa capitale en Samarie. La Bible dit que Achab surpassa en impiété tous ces prédécesseurs, et on attribue la faute à la femme d’Achab, Jézabel. Jézabel était fille du roi de Sidon, une région de Phénicie. Rapidement, elle domina le faible Achab qui est restez sous son influence toute sa vie. Or, Jézabel n’avez rien à faire du Dieu d’Israël. Elle, elle adorait deux divinités de son pays, à savoir Baal et Astarté, dieu et déesse de la fécondité, mais aussi de tous les débordements sexuels. Jézabel était d’ailleurs fille d’un prêtre-roi, dédié à ces deux idoles. Cette jeune reine avait tendance à être violente et selon l’historien Flavius Josèphe, elle avait participé au meurtre de son propre frère. Elle n’eut de cesse que d’imposer ses croyances à Achab son mari qui, pour lui faire plaisir lui fait ériger des temples pour Baal et pour Astarté dans sa capitale. Pour faire vivre ces cultes, Jézabel organise les rituels en faisant venir de son pays d’origine 450 prêtres de Baal et 400 d’Astarté. Une espèce de guerre de religion se produit et Jézabel se lance dans la persécution des prêtres de l’Éternel, le Dieu d’Israël. Beaucoup sont assassinés ou emprisonnés. Certains quittent le pays pour se réfugier en Juda et à Jérusalem. C’est alors qu’un personnage va sortir de l’ombre : le prophète Élie. Élie est un prophète de Dieu, du Dieu d’Israël, et il va mettre en garde Achab, pointant son infidélité et son allégeance à des dieux étrangers qui, selon Élie, ne sont que de faux dieux. Pour punir le roi, la reine et le pays tout entier de la corruption spirituelle ambiante, Élie annonce qu’il ne pleuvra plus et que la sécheresse va s’installer jusqu’à faire mourir le pays. De fait, il ne va plus tomber une goutte d’eau pendant plus de trois ans. Le prophète, après avoir annoncé ce malheur, disparaît du paysage, laissant Achab et Jézabel avec cette menace dont l’objectif est de montrer que le Dieu d’Israël, qui avait promis la postérité au peuple s’il lui était fidèle, pouvez suspendre ses bénédictions et ainsi manifester sa puissance et même sa supériorité sur les faux dieux. Dieu, qui avait envoyé Élie pour annoncer au roi la prochaine sécheresse, avait aussi ordonné à Élie de se cacher parce que le roi ou la reine, pouvait en vouloir à sa vie. Élie se cache donc, loin de la capitale, au bord d’un torrent qui, pour le moment, lui donne encore de l’eau. Et Dieu veille sur son prophète en lui faisant apporter de la nourriture par des corbeaux. Ces oiseaux lui livraient du pain et de la viande chaque jour. C’est de cette étonnant épisode qu’est née l’expression : « Être ravitaillé par les corbeaux » pour parler d’un lieu vraiment isolé.
(1 Rois 16 et 17)





