
Révélations sur des faits remontant au mois de Février 2025 : des éducateurs du foyer Jenner dans le 13ᵉ arrondissement de Paris ont rasé un enfant de 8 ans en guise de « sanction ». Plus que jamais, la santé mentale des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance est à considérer.
Secteur en constante tension, la protection de l’enfance en France voit le nombre de jeunes souffrant d’handicaps et de troubles psychiques sévères en augmentation. Mais alors quelles conséquences pour les professionnels et quelles perspectives pour les publics ? Éléments de réponse avec Julien Landureau, responsable plaidoyer et communication pour Droit d’enfance.
Droit d’enfance est une fondation de protection de l’enfance reconnue d’utilité publique depuis 1866. Elle accueille et accompagne entre autres plusieurs centaines d’enfants placés sous sa protection par l’aide sociale à l’enfance.
Quelles que soient les raisons pour lesquelles le placement a été ordonné, il est certain que celles-ci ont un effet sur son développement du jeune, ce qui explique aussi qu’il y a une surreprésentation d’enfants porteurs de handicap ou présentant des troubles psychiques au sein des établissements de protection de l’enfance. […]
Pour elle, le lien entre les conditions et les histoires de vie de ces jeunes et les troubles psychiques dont ils souffrent comparativement à la jeunesse française dans son ensemble est indéniable.
Du côté des politiques sociales, plusieurs pistes envisageables existent pour faire face à cela, et méritent de s’y attarder.
[…] La pédopsychiatrie depuis 15 ans connaît une nette diminution en termes d’offres. Le nombre de pédopsychiates sur le territoire a diminué de 34% entre 2018 et 2022. Selon les départements, les places disponibles dans des établissements spécialisés, je pense notamment au DITEP, sont très inégales. Par exemple, en Ile-de-France, le nombre de places disponibles par rapport au nombre d’enfants habitants dans la région est nettement inférieur à la moyenne nationale. Et ça, ça crée évidemment des soucis, puisqu’il y a des enfants qui sont accueillis au sein d’établissements de la protection d’enfance, mais qui devraient disposer de conditions d’accueil spécifiques qu’ils ne peuvent pas avoir. Et évidemment, on ne peut pas demander aux équipes éducatives d’être des équipes médicales lorsque il faudrait un accompagnant médical puisque ce n’est tout simplement pas leur formation ni leur métier.
On pense qu’il serait très important aussi que les départements puissent se doter d’équipes médicales mobiles dédiée à la protection de l’enfance. Ce qui permettrait d’intervenir beaucoup plus rapidement lorsqu’il y a des soucis. […]





