L’invité du jour — Mario Bucciarelli partage ses conseils pour affronter le bad mood des fêtes de fin d’année

Les fêtes de fin d’année sont synonymes de joie et de retrouvailles. Et pourtant, derrière les lumières et les sourires, beaucoup vivent la solitude et parfois la dépression. Cette période est même l’une des plus critiques pour la santé mentale. Alors, pour en parler, je reçois Mario Bucciarelli, fondateur de CoachingCore et créateur du programme ASSO.
Les fêtes de fin d’année constituent une période particulièrement vulnérable pour la santé mentale, marquée par une pression sociale forte, des attentes idéalisées et des tensions familiales qui peuvent accentuer le stress et l’anxiété. À cela s’ajoute la baisse de luminosité hivernale, facteur clé de la dépression saisonnière, un trouble qui toucherait jusqu’à une personne sur dix dans les régions tempérées. Ce phénomène se traduit par des symptômes caractéristiques : fatigue persistante, perte d’intérêt, hypersomnie, troubles de la concentration, irritabilité, sentiment de culpabilité, voire prise de poids liée à une appétence pour les sucres. Ces signaux doivent alerter, car ils révèlent un ralentissement psychique et métabolique qui, s’il n’est pas pris en charge, peut évoluer vers une dépression sévère.
La période des fêtes est particulière parce qu’elle arrive à un moment où l’on est physiquement fatigué, avec des journées très courtes et peu de lumière. Elle peut aussi être émotionnellement ambivalente : censée être synonyme de retrouvailles, elle peut accentuer un sentiment de solitude chez certains. Un petit coup de blues est fréquent et ne signifie pas forcément une dépression, mais il faut rester attentif à des signes plus généralisés comme une fatigue extrême, un manque de motivation dans toutes les activités et des troubles du sommeil. Ces indicateurs peuvent alerter, mais il est important de distinguer entre une lassitude ponctuelle et un état pathologique.
Sortir de ce cercle n’est pas une question de volonté, ce qui implique une réflexion profonde sur les formes d’accompagnement nécessaires. Cette période des fêtes, empreinte de sens, d’espoir, de joie et de confiance, interroge sur la manière dont ces valeurs peuvent s’imprégner en nous pour raviver une joie certaine. Entre vulnérabilité psychologique et quête de bien-être, la fin d’année devient un moment charnière où l’équilibre entre soutien et célébration prend toute son importance.
Pour accompagner quelqu’un en difficulté pendant cette période, la première étape, c’est un bon bilan biologique et l’avis d’un médecin, car certaines causes peuvent être physiologiques. Ensuite, selon la situation, on peut s’orienter vers un psychiatre ou un psychologue si c’est pathologique, ou vers un coach certifié pour retrouver des objectifs et du sens quand ce n’est pas le cas. L’idée, c’est de clarifier ce qui est vraiment important pour soi pendant les fêtes, sans se juger, en identifiant ses besoins essentiels. Et surtout, se faire confiance et s’entourer de personnes bienveillantes : c’est déjà un grand pas vers le mieux-être.









