L’invité du weekend — Luc Geoffroy, une aide d’urgence pour le Népal un mois après le drame

Frappé fin août par des inondations éclair dévastatrices, le Népal est devenu le théâtre de la catastrophe naturelle la plus meurtrière de la décennie dans la région. Face à cette tragédie humaine exacerbée par le dérèglement climatique, l’association philanthropique Un Verre d’Eau s’engage activement pour apporter une aide humanitaire concrète aux familles sinistrées, comme l’explique son fondateur, Luc Geoffroy.
Alors que le bilan provisoire fait état de plus de 10 000 personnes impactées, près de 6 000 disparus et plus de 80 000 sinistrés recensés par l’ONU, l’urgence est totale. Des milliers de vies ont été bouleversées, soulignant l’impératif d’une mobilisation internationale.
Un fonds d’urgence pour les oubliés
Un Verre d’Eau, une organisation aux moyens modestes, a rapidement mis en place un fonds d’urgence pour le Népal, se démarquant par son action ciblée. « Les grandes organisations sont vite parties », constate Luc Geoffroy. L’association a découvert la situation précaire de 200 personnes, évacuées de leurs villages pour des raisons de sécurité et sanitaires, et hébergées dans un monastère bouddhiste, sans plus rien, ni même leurs papiers d’identité.
« On a décidé pour ces 200 personnes… de leur donner à chacune 6 500 roupies, ce qui correspond à peu près à une quarantaine d’euros », précise Luc Geoffroy. Ce soutien financier vise à permettre aux victimes de refaire leurs papiers d’identité, de prendre des taxis, de payer des formalités, et ainsi d’accéder à leurs comptes en banque ou aux aides disponibles. Pour ces 200 personnes, « la vie change », affirme-t-il, illustrant l’impact direct de ces actions.
Un devoir de réponse face à la souffrance
Interrogé sur le devoir de réponse face à une telle catastrophe, le fondateur d’Un Verre d’Eau insiste sur une responsabilité universelle. « C’est exactement ce que nous demande l’Évangile, c’est d’aimer notre prochain comme soi-même, de quelque religion qu’il soit et de quelque situation dans laquelle il est », déclare-t-il. Il ajoute avec humilité : « On ne changera pas le monde, mais on peut changer la vie d’une personne, celle qu’on aide, et qu’on aide de manière concrète. »
Un mois après les inondations, des centaines de sauveteurs continuent de creuser la boue et les décombres, cherchant encore des survivants. La tâche de reconstruction est immense, le gouvernement népalais évaluant le coût à plus de 4,7 milliards de dollars, alors que l’économie du pays repose principalement sur le tourisme et les travailleurs émigrés.
Partenariats locaux et justice climatique
L’efficacité de l’aide d’Un Verre d’Eau repose sur des partenariats locaux solides. « Ce sont des amis qui sont déjà sur place, qui sont partis dès qu’il y a eu le problème et qui recensent les gens qui ont des problèmes dans ce fameux monastère, de gens qui n’ont absolument plus rien et qui dorment là parce que leur village est sous 10 ou 15 mètres de terre », explique Luc Geoffroy. Cette approche garantit une aide ciblée et efficace, avec des retours de remerciements « hyper reconnaissants ».
Le Premier ministre népalais et son gouvernement ont interpellé la communauté internationale, soulignant que la fonte des glaces de l’Himalaya nourrit l’instabilité géologique de la région. Agir face à ces catastrophes quasi inévitables relève également de la justice climatique. « On est dans des devoirs de citoyens, de citoyens de la France, mais aussi de citoyens du monde », affirme Luc Geoffroy. « Il faut qu’on fasse tous notre possible. »
Il conclut en rappelant l’importance de chaque geste pour le respect de la planète, une philosophie que l’on retrouve sur le site de l’association, unverredeau.com, où il est possible de participer et d’en savoir plus sur les actions au Népal et ailleurs.








