C’est à lire — Je croyais être un homme, avec Janick Christen

Janick Christen, initialement femme, ayant vécu comme homme et s’étant mariée, partage son parcours de retour à son genre assigné à la naissance dans son livre témoignage « Je croyais être un homme ». Publié aux éditions Trans4Freedom, cet ouvrage brosse le portrait d’une expérience singulière, qui résonne avec les débats contemporains sur l’identité de genre. Loin des revendications habituelles, son histoire est avant tout un cheminement vers la liberté intérieure, explorant les nuances de l’acceptation de soi au-delà des transformations physiques.
Au-delà du changement corporel : une quête d’identité profonde
L’auteure remet en question l’idée selon laquelle les changements physiques seraient la solution ultime à la quête d’identité. « On peut partir sur l’idée que se changer va changer la donne, mais je crois qu’il y a une liberté tellement plus grande au-delà de la chirurgie qui consiste à découvrir qui on est, à pouvoir faire la paix avec soi-même », explique Janick Christen. Son témoignage, à travers quinze chapitres, invite le lecteur dans son intimité, de l’enfance à la vie adulte, en passant par sa transition et sa détransition.
Cohérence narrative et appropriation du récit
Dans son ouvrage, Janick Christen opère une distinction linguistique subtile, utilisant les accords féminins ou masculins selon la perception qu’elle avait d’elle-même à chaque étape de son parcours. « C’était une histoire de cohérence pour le lecteur finalement, en lisant, c’était plus simple et pour moi une appropriation plus aisée du récit. Quand je parle en ‘il’, j’étais vraiment convaincue d’être un ‘il’ », précise-t-elle, soulignant l’importance de cette différenciation pour fluidifier la lecture et renforcer l’authenticité de son témoignage. Aujourd’hui, elle affirme être « pleinement elle », ressentant une conviction profonde malgré la singularité de sa voix.
Le pardon comme chemin de libération
Page 183 de son livre, Janick Christen écrit : « Petite, on m’a appris que le non-pardon est une bombe à retardement qui ne détruit pas prioritairement ceux qui nous ont fait du tort, mais soi-même. » Interrogée sur la nature du pardon qu’elle souhaite que ses lecteurs expérimentent, l’auteure évoque d’abord le pardon envers soi-même, face aux échecs et aux sentiments de limitation. « Ensuite, je crois qu’il y a vraiment une réconciliation à l’autre, l’autre qui est parfois un grand A comme Dieu, et puis les gens autour de soi », ajoute-t-elle. Elle insiste sur la nécessité de se défaire du rôle de victime et d’accepter sa destinée : « Nos blessures ne devraient jamais définir qui nous sommes. Je crois qu’on doit sortir de ça, sortir de cette position de victime. »
Un impact profond sur les lecteurs : foi et acceptation de soi
Depuis sa publication en 2021, « Je croyais être un homme » a suscité de nombreux témoignages. Janick Christen confie sa joie de voir son livre toucher et bouleverser les lecteurs. « J’ai des témoignages de personnes qui sont vraiment touchées, des familles, des gens qui sont bouleversés, encouragés dans leur foi, pas seulement au niveau de la transidentité mais aussi dans leur vie de tous les jours, l’acceptation d’eux-mêmes », partage-t-elle. Beaucoup témoignent d’un rapprochement avec leur spiritualité et d’une relation plus intime avec Dieu.
Le livre « Je croyais être un homme » est disponible en librairie religieuse et sur le site trans4freedom.org. Janick Christen exprime sa gratitude pour l’opportunité de partager son parcours, qu’elle qualifie de « joie et immense plaisir ».
Première diffusion audio le 23 janvier 2025.









