C’est à lire — Frédéric de Coninck, On n’aime guerre que la paix

Peut-on avoir un avis tranché sur la guerre ? Cette question complexe, riche de paradoxes, est au cœur de l’ouvrage « On n’aime ‘guerre’ que la paix… » des éditions Ménonites. Frédéric de Coninck, sociologue et co-auteur, explore la tension entre éthique de conviction et éthique de responsabilité.
Face au mot “guerre”, synonyme de mort et déclencheur de réactions passionnées jusqu’au sein des communautés chrétiennes, la conciliation semble difficile. L’ouvrage propose une réflexion sur le rôle des chrétiens, confrontés à l’injonction christique d’aimer ses ennemis tout en étant citoyens d’États s’inscrivant parfois dans des logiques de conflit.
Frédéric de Coninck souligne la distinction entre l’appel du Christ à l’amour des ennemis et l’efficacité de cette démarche. « Le Christ nous appelle à aimer nos ennemis, ça c’est son appel. » Il met en garde contre la confusion entre pacifisme et efficacité, estimant que « si on pratique nos recherches de la paix au nom du Christ, c’est quelque chose qui peut avoir un coût, c’est quelque chose qui peut ne pas marcher. Par contre, si on essaye de contenir, de rentrer dans un rapport de force et de gérer ce rapport de force, c’est une autre logique. »
La Bible, en particulier l’Ancien Testament, présente la guerre comme omniprésente, souvent inspirée par Dieu lui-même. Cependant, une évolution notable s’observe entre l’Ancien et le Nouveau Testament. « Jésus dit, vous avez entendu ce qui a été dit, mais moi je vous dis. »
Même dans l’Ancien Testament, une critique de la puissance et de l’accumulation des armes est discernable. « La guerre ne se joue pas sur l’accumulation de la force. Ça veut dire que, par exemple, peut-être qu’un pays est plus fort par sa cohésion, par la justice qu’il met en œuvre, que par le fait qu’il accumule des armes. »
Le Nouveau Testament, et en particulier l’apocalypse, bien qu’évoquant la guerre, incitent les chrétiens à ne pas y prendre part. « Il faudra que ces choses arrivent, mais vous, vous n’êtes pas appelés à prendre part à ça. »
Le sociologue insiste sur la nécessité de distinguer le rôle de l’État et le témoignage individuel des chrétiens. « Je pense qu’il faut vraiment distinguer quelque chose qui est de l’ordre du rôle de l’État, qui forcément fait des compromis, vise le possible, le moindre mal, et puis le témoignage des chrétiens qui est, pour autant que ça dépende d’eux, vivre en paix avec tous les hommes. »
L’ouvrage « On n’aime ‘guerre’ que la paix… » est disponible en librairie religieuse ou sur le site editions-menonites.fr.
Première diffusion audio le 26 septembre 2024.






