L’invité du jour — Olivier Lombardie — La lecture chez les jeunes : ralentissement de la baisse et défis d’une ère numérique

Paris, France — La place de la lecture chez les jeunes Français continue d’interroger. Alors que l’on craint souvent un désintérêt croissant, une étude révèle une réalité plus nuancée : la baisse de la lecture tend à se stabiliser. Le Centre national du livre (CNL) dévoile les résultats de son enquête « Les jeunes Français et la lecture, édition 2026 », menée auprès des 7-19 ans, offrant un aperçu des pratiques, des attentes et des freins liés à ce domaine essentiel.
Olivier Lombardie, directeur général du CNL, souligne que :
« La réalité est un petit peu plus nuancée puisqu’on peut dire qu’on a un ralentissement de la baisse de la lecture. Sur le temps long, on a effectivement une baisse un peu régulière de la lecture chez les jeunes, mais entre notre étude de 2024 et notre étude de 2026, il y a peu d’écarts. Donc il y a une espèce de stabilisation dans la baisse. »
Cette cinquième édition de l’étude, menée depuis 2016 avec la même méthodologie, permet d’apprécier les évolutions structurelles et non de « culpabiliser » les jeunes face à des générations antérieures.
L’influence du numérique est indéniable. Si le directeur du CNL reconnaît les aspects positifs du numérique pour la circulation de l’information, il met en garde contre les dérives :
« On voit bien que quand même 18 minutes de lecture par rapport à 5 heures passées sur les écrans pour les… Les adolescents, peut-être que là, il y a des impacts sur lesquels nous devons travailler parce que c’est des impacts qui relèvent de la santé mentale. »
L’étude distingue clairement le temps passé à lire sur écran et le temps consacré à d’autres activités numériques, soulignant l’importance de cette différenciation.
L’étude met en lumière une image de la lecture souvent associée à l’école ou à une obligation, plutôt qu’à un plaisir. Olivier Lombardie observe :
« Surtout à l’âge de l’adolescence, on n’a même pas les obligations, donc c’est sûr que la lecture à l’école n’est pas toujours très populaire. »
Pour contrer cette perception, il est crucial d’associer la lecture au plaisir et de proposer des contenus qui intéressent les nouvelles générations. Le CNL encourage les éditeurs à ne pas avoir « d’a priori négatifs sur les nouveaux genres, qu’il soit le manga il y a quelques années ou aujourd’hui la romance ou la dark romance. »
L’objectif est d’encourager la « lecture longue, dans un temps apaisé, dans un temps où on peut se concentrer, la lecture profonde », tout en laissant la liberté aux jeunes de choisir leurs contenus. M. Lombardie affirme :
« Lisez ce que vous souhaitez, lisez ce que vous voulez, parce que vu l’offre éditoriale que notre pays vous permet, il est absolument certain qu’il y a forcément un livre qui va vous plaire et qui va peut-être changer votre vie. »
Au-delà du simple plaisir, la lecture est présentée comme un pilier essentiel pour la construction individuelle et collective. Le CNL espère que cette étude fera prendre conscience à l’ensemble de la société de l’importance de la lecture pour développer un esprit critique et se forger une opinion éclairée. Olivier Lombardie déclare :
« Notre rêve, c’est que l’ensemble de la société prenne conscience qu’il vaut mieux que pour se faire un avis, pour avoir un espace personnel, il faut lire. »
Face à la puissance des algorithmes et des influences numériques, la lecture offre un rempart :
« Pour que la démocratie, pour que la société, pour que le vivre ensemble fonctionne, il faut que chaque citoyen ait les moyens d’agir, et avoir les moyens d’agir, c’est se faire son opinion personnelle. »
L’étude « Les Jeunes Français et la lecture, édition 2026 » est disponible sur le site centrenationaldulivre.fr. Elle offre des pistes précieuses pour accompagner les jeunes vers une lecture choisie et enrichissante, garante de leur épanouissement et de leur engagement citoyen.








