L’invité de la semaine — Lénaïc Estiévenart, Armée du Salut, Quaregnon

Fondée en 1865 à Londres par le pasteur méthodiste William Booth, l’Armée du Salut est aujourd’hui présente et active dans 128 pays. Au cœur de sa mission, partager la foi chrétienne et lutter contre la pauvreté. Lénaïc Estiévenart, salutiste belge nous parle de l’œuvre en Belgique et des actions menées sur le poste de Quaregnon dans la région de Mons.
L’Armée du Salut en Belgique est présente depuis 1889. Il y a 7 postes : 1 à Anvers, 2 à Bruxelles, 1 à Seraing en région liégeoise, 1 à Jumet du côté de Charleroi et 1 ici à Quaregnon. Et on a aussi des structures sociales, la Maison de la mère et l’enfant, Clair matin pour accueillir des enfant placés par le Juge, Le Foyer Selah pour les demandeurs d’asile en attente de régularisation, et aussi 2 structures à Bruxelles pour les hommes sans abris.
En ce qui concerne l’implantation de l’Armée du Salut, la Province de Hainaut dispose de 2 postes.
Oui : Jumet et Quaregnon. Et puis on a aussi à Quaregnon, en plus du poste, un magasin qui s’appelle “Au Fil de l’Autre”, un magasin solidaire qui nous permet de financer un peu nos actions. Et puis qui est aussi une source de contact avec l’extérieur.
Quaregnon, une implantation ancienne.
Alors, c’était en 1892. Et ça fait maintenant plus de 100 ans qu’on est dans ce bâtiment à la rue Monsville.
Pendant toutes ces années le travail s’est poursuivi au niveau du poste de Quaregnon avec aujourd’hui des activités variées sur la région de Mons-Borinage.
Il y a toujours eu des actions avec parfois des hauts et des bas en fonction des circonstances. Mais effectivement, ça a toujours continué d’une année à l’autre, une décennie à l’autre. Le travail évolue aussi en fonction des besoins et des demandes.
On a le magasin qui est ouvert 4 matinées par semaine. C’est à la fois pour financer nos activités, mais aussi permettre à des gens d’acheter des vêtements à tout petit prix. Après, on a le mardi un groupe de dames c’est souvent des femmes isolées qui viennent et puis il y a un temps de partage, avec un temps de goûter aussi et aussi un temps de prière 1 semaine sur 2 le mardi. Et puis après, on a le dimanche, les petits-déjeuners à Mons. Donc là, on avait commencé avec 10-15 personnes tous les dimanches. Et là, les chiffres montent, on est entre 50 et 60 personnes accueillies chaque semaine. On a donc ces petits-déjeuners tous les dimanches. Et puis, on travaille avec les autres associations de la région de Mons-Borinage dans le cadre du plan Grand Froid. Et là, par exemple, on fait ce qu’on appelle les lunch-packs, des petits colis qu’on amène à l’abri de nuit. On en fait à peu près 600 sur la période hivernale pour distribuer aux sans-abris. Mais on n’a plus les soupes de nuit comme ça de manière régulière.
L’Armée du Salut fonctionne en grande partie grâce aux dons de particuliers.
il s’agit essentiellement de dons des particuliers. Ça arrive que ce soit des dons en nature, des gens qui peuvent nous amener. On a aussi eu un concert solidaire où tous les choristes ont amené des dons raisons périssables. On a comme ça des collectes pas forcément organisées de manière régulière. Pour le reste, c’est essentiellement les dons et les actions qu’on accomplit.
Comment êtes-vous entré en contact avec l’Armée du Salut?
Quand je suis né, mes parents étaient responsables d’une institution sociale pour hommes de la rue à Liège. J’ai tout de suite connu l’Armée du Salut, à ce moment-là. Et puis, après, ils sont partis en formation pour devenir officiers de l’Armée du Salut, donc vraiment à temps plein dans le ministère. Et ils ont été en charge de plusieurs communautés dans la Belgique. Alors, ils sont la retraite maintenant, mais ils s’occupent encore du poste de Liège. Enfant, j’avais dit que je ne ferais jamais ça, mais au final, j’ai réalisé que c’était là ma place.
L’implication des parents a joué un rôle important, mais l’engagement actuel est surtout le résultat d’une conviction personnelle.
Oui, je voyais leur amour du prochain, c’est des valeurs qu’ils ont partagées, aussi bien à moi qu’à mes sœurs. Il y avait aussi le côté où moi j’ai grandi là-dedans, et puis à un moment j’ai eu besoin de quitter l’Armée du Salut parce que j’avais que mes repères là, donc j’ai été dans une autre église où là vraiment j’ai eu un parcours et ça me travaillait quand même. Et un jour, voilà j’ai dit : Seigneur, je me sens appelé mais j’ai besoin d’une confirmation. Donc demain, en arrivant au culte, j’aimerais que le premier verset il y ait le mot “officier” dedans comme ça, je peux plus douter de ma vie. C’est tombé sur ce passage où, quand Jésus arrive à Capernaüm, un officier romain… c’est là que j’ai réalisé que ça ne servait à rien de lutter, voilà !
Plusieurs projets pour répondre aux besoins spécifiques sur Quaregnon et Mons.
On a notamment relancé un groupe de jeunes depuis quelques mois. Donc là, c’est le projet de développer ça avec les jeunes, de pouvoir aussi les amener à grandir dans la foi. On a aussi plusieurs travaux de rénovation à faire et à identifier. Donc là, c’est aussi l’idée d’avoir une commission qui se réunisse sur les questions immobilières pour définir les priorités, les besoins. Faire une cuisine à Moins parce que le local, où on peut accueillir 10-15 personnes, est devenu trop exigu. Et après, il y a aussi cette volonté de ré-ouvrir les portes. On disait que l’Armée du Salut, c’était l’église de la rue, et bien on aimerait revenir à cette église en contact avec les gens autour de nous, on aimerait vraiment partager notre foi, notre foi en l’action d’ailleurs, et être présent au cœur du monde.
Pour aller plus loin et en savoir plus sur l’Armée du Salut au niveau national ou local…
Pour la Belgique, le site internet de l’Armée du Salut : www.armeedusalut.be
Pour la région, la page Facebook Armée du Salut Quaregnon, notre téléphone : 065 78 30 08 et notre adresse : Rue Monsville 47 (Quaregnon) pour le Poste et au numéro 100 de la même rue pour la boutique solidaire.








