L’invité du jour — Alexandre Dalibot défend l’IA dans l’usage médical

On rêve souvent de longévité comme d’une quête d’immortalité ou d’un privilège réservé à certains. Mais selon mon invité aujourd’hui, ce n’est pas le vrai sujet. L’enjeu, c’est plutôt de vivre, non pas plus longtemps, mais de mieux vivre plus longtemps. Et aujourd’hui, pour cela, l’intelligence artificielle vient ouvrir une nouvelle ère, celle d’une médecine capable d’anticiper, de prévenir et d’améliorer la qualité de vie. Pour en parler, je reçois aujourd’hui Alexandre Dalibot, cofondateur de la startup a-gO.
L’idée que l’intelligence artificielle ne cherche plus à prolonger la vie mais à en améliorer la qualité s’impose comme un changement de perspective essentiel. Vieillir n’apparaît plus comme un processus entièrement subi : l’imagerie, les biomarqueurs et la génomique offrent désormais la possibilité d’agir plus tôt et plus précisément sur l’état de santé. L’intelligence artificielle détecte des signaux faibles encore imperceptibles pour les médecins, renforçant une nouvelle capacité d’anticipation. L’ensemble de ces avancées marque la transition d’une médecine de la réparation vers une médecine de l’anticipation, où l’enjeu n’est plus uniquement de corriger après coup, mais de prévenir avant qu’un problème n’émerge.
« Je constate qu’on arrive au bout d’un modèle très centré sur le traitement, alors qu’aujourd’hui la vraie différence, c’est la prévention. On réalise qu’on peut vieillir en bonne santé, à condition de pouvoir suivre finement l’état du corps grâce à l’imagerie, aux biomarqueurs et aux nouvelles technologies. L’intelligence artificielle nous aide énormément, parce qu’elle détecte des signaux invisibles pour l’humain et permet d’agir avant que les symptômes n’apparaissent. Et finalement, on s’inspire de régions du monde où cette philosophie est déjà ancrée, car anticiper devient clairement la meilleure voie pour améliorer durablement la qualité de vie. »
La longévité n’apparaît plus comme une quête d’immortalité, mais comme un sujet dont il faut rectifier certains imaginaires encore marqués par des représentations excessives ou fantasmées. L’intelligence artificielle s’affirme comme un levier essentiel pour réduire les années de vie passées en mauvaise santé, en particulier face aux maladies chroniques ou neurodégénératives. La véritable interrogation se déplace vers un choix clair : agir avant ou agir après. Une attente forte se dessine à l’égard des décideurs, des médecins et du grand public, invités à repenser leurs rôles dans cette évolution. L’enjeu devient alors la construction d’une médecine du temps long, pensée pour accompagner la santé sur des décennies et non plus uniquement dans l’urgence ou la réparation immédiate.
« Pour moi, la longévité, ce n’est pas juste vivre plus longtemps, mais vivre le plus d’années possible en bonne santé, sans passer ses vieux jours à courir les cabinets médicaux. L’idée, c’est d’avoir un véritable compagnon capable de détecter très tôt les signaux faibles et de nous dire quand agir, pour que les traitements proposés soient précis, rapides et vraiment adaptés à chacun. Pour que cela fonctionne, il faut que tout le parcours de santé pivote légèrement vers la prévention : les patients, les soignants, les médecins généralistes, les paramédicaux, tout le monde doit être impliqué, avec le soutien des décideurs. Et je suis convaincu qu’on peut aller plus vite et plus fort pour intégrer ces nouvelles technologies, en s’appuyant sur l’existant et en menant des expérimentations qui montrent concrètement comment elles améliorent les parcours de vie. »







