Ludvine Schmitz – Fusion des banques

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Ludvine Schmitz - Fusion des banques
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Ludvine : Bonjour. Pendant que le reste du monde s’enlise dans les sables mouvants des tests PCR et des vaccinations anti-covid, le secteur bancaire et financier suit sa feuille de route. La Banque Centrale Européenne fait tourner sa planche à billets, menaçant l’épargne et les retraites. Et nos banques fusionnent.

PHARE FM : Pourquoi, Ludvine?

Ludvine : Le cercle vicieux des taux d’intérêts négatifs en Europe a obligé en décembre dernier la BCE à imprimer 400 milliards d’€ de plus. Le journaliste financier Pierre Jovanovic explique que les fusions bancaires permettent de cacher les faillites en maquillant les comptes. Comme le Crédit Agricole avec Credito Valtellinese, une banque italienne ayant fusionné 20 ans durant avec une quinzaine d’autres! Ou l’exemple de la Société Générale, qui aurait déjà dû être déclarée en faillite en 2019 et qui fusionne avec sa filiale Crédit du Nord. Fin 2020 le PDG d’UniCredit démissionne. Il refuse de fusionner avec la banque italienne défaillante Monte dei Paschi di Siena. En Espagne, les banques redoutent aussi la capitalisation négative. Elles ferment des guichets, licencient du personnel, pour masquer leur insolvabilité.

PHARE FM : Assiste-t-on à une faillite du système?

Ludvine : Jean-Pierre Chevallier, analyste financier, pense que «les banksters de la BCE viennent de franchir[…]la barre des 7000 milliards d’€ pour que leurs homologues les banksters des banques dites commerciales puissent ne pas faire faillite tout de suite». En créant de la monnaie ex-nihilo la BCE aggrave la dette. En contrepartie, les gouvernements européens se préparent à «alléger les retraites» de 10, 20, puis 30 % peut-être et demandent à leurs citoyens de cotiser jusqu’à 67 ans. De plus, les BRRD, Bank Recovery and Resolution Directives de 2014, autorisent les Etats européens à se renflouer directement sur l’épargne privée. Cela est déjà arrivé à Chypre. Aujourd’hui le confinement, la chute du PIB, la perspective de nombreux licenciements, font de 2021 une année périlleuse.

PHARE FM : L’Angleterre post-Brexit et les Etats-Unis sont-ils à meilleure enseigne?

Ludvine : Tant que le plus gros des flux financiers part vers la City et Wall Street, oui. Côté Commission Européenne, Les Echos révèlent «l’installation de Bad Banks, poubelles où l’on transfère tous les prêts non remboursés.» Si les mesures de soutien à l’économie cessent et que les sources de crédit se tarissent, les impayés vont abonder. C’est déjà le cas pour des milliards d’€ de loyers d’entreprises ou de particuliers. Une enquête d’Eloïse Benhammou, récemment publiée, dévoile des réseaux opaques qui permettent au capitalisme sauvage contrôlé par Wall Street de piller le système social et fiscal français, et également belge, via des banques souvent étrangères.

PHARE FM : Beaucoup voient dans le revenu universel de base une solution contre la paupérisation en marche.

Ludvine : Pour le journaliste Olivier Pichon, c’est «l’aumône du great reset». Le revenu universel de base est proposé par des gens qui pillent la boulangerie et vous laissent les miettes. La situation rappelle la fable de la Fontaine «Les Animaux malades de la peste»: l’un d’eux doit être sacrifié sur l’autel du bien commun. Ce sera finalement l’âne, celui qui, de tous, nuit le moins à ses pairs.