Grain de Sel ou Grain de Poivre ? du 11 mars 2020 – Le climato-scepticisme (partie 2)

Grain de Sel ou Grain de Poivre ? du 11 mars 2020 – Le climato-scepticisme (partie 2)
Grain de sel/poivre ?

 
 
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PHARE FM : Vous voulez à nouveau nous parler du climato-scepticisme ce matin ?

Chroniqueur : Oui, lors de ma dernière chronique, j’avais parlé du rôle des lobbies qui cherchent à semer le doute sur la science du climat ; j’expliquais aussi qu’on est contents de continuer à croire qu’il y a des doutes, car ça nous évite de remettre en cause notre confort et de continuer à consommer. Aujourd’hui, je voudrais parler d’une autre raison qui explique qu’il est difficile de prendre conscience de la gravité du changement climatique, à travers le contre-exemple du Coronavirus.

L’alarme provoquée par le coronavirus est en effet compréhensible ; la menace est relativement simple à comprendre ; elle est perceptible et immédiate ; il est difficile de nier le lien de cause à effet entre le virus, la maladie et les morts qu’elle sème derrière elle ;  pas étonnant donc que les gens soient inquiets et que les gouvernements réagissent vigoureusement.

En revanche, le changement climatique, bien qu’il représente une menace bien plus importante pour la vie et les moyens de subsistance des populations à long terme est plus complexe à appréhender,  et plus difficile à « ressentir » ; il est du coup plus difficile d’agir.

PHARE FM : Les relations de cause à effet entre nos émissions de gaz à effet de serre et le changement climatique sont en effet plus difficiles à voir et sont moins immédiatement perçus comme une menace

Chroniqueur : Les scientifiques restent souvent prudents, lorsqu’ils affirment que certains phénomènes météorologiques extrêmes sont directement causés par le changement climatique, même s’il est clair que c’est ce que prévoient les modèles scientifiques. Ainsi, pour ceux qui veulent ignorer le changement climatique, les inondations sans précédent (au Royaume-Uni), les incendies (en Australie) et les nuages de criquets pèlerins (de l’Afrique de l’Est au Pakistan) sont considérés comme des événements distincts et isolés, plutôt que comme faisant partie du même problème.

PHARE FM : Pourtant, en écologie, tout est lié….

Chroniqueur : Oui ! Ainsi, par exemple, la pollution de l’air – qui cause chaque année 8 millions de morts prématurées dans le monde – est aussi en partie responsable de la mortalité élevée dû au Coronavirus en Chine, où la pollution est très sévère et où les maladies respiratoires sont très répandues. Ironie de l’histoire : il semblerait qu’il y ait beaucoup plus de vies sauvées en Chine grâce à la réduction de l’activité industrielle (et donc la diminution de la pollution de l’air) depuis le début de l’épidémie  que de vies perdues à cause du Coronavirus. Mais évidemment, pour les raisons évoquées plus tôt, les morts par pollution de l’air (comme ceux dûs au changement climatique) sont des « non-événements » qui font moins la une des journaux que le Coronavirus.

PHARE FM : Dans le monde, les gouvernements sont devant un dilemme

Chroniqueur : En effet, ils doivent essayer de stopper l’épidémie, en prenant le risque de mettre en danger la croissance économique, ou ne peut rien faire. Or notre société idolâtre l’argent, la richesse, l’économie – préférant souvent sacrifier nos santés pour nous enrichir. Il serait bon de méditer ce qu’en dit le Psaume 49 : « Ne sois donc pas alarmé quand un homme s’enrichit, quand tu vois le luxe s’étaler dans sa maison. Car, lorsqu’il mourra, il n’emportera rien de ce qu’il possédait : ses biens ne le suivront pas »