Euro 2016 – Interview de Gilles Yapi-Yapo

Avec l’Euro 2016 qui aura lieu en France du 10 juin au 10 juillet, on parle beaucoup de football en ce moment. PHARE FM a décidé de mettre en avant différentes initiatives autour du “Foot et Dieu” et notamment des interviews de footballeurs professionnels chrétiens comme Gilles Yapi-Yapo.

PHARE FM : Gilles Yapi-Yapo, vous êtes footballeur professionnel, est-ce un rêve d’enfance ?

Gilles : Je suis footballeur professionnel depuis 1999 et au club de Zurich depuis l’été 2014. Tout gamin, je rêvais de disputer une coupe du monde, de jouer dans un club européen. Je peux dire que j’ai réalisé ces deux rêves, cela a été les moments forts de ma carrière. Être footballeur c’était mon choix, ma passion, le foot tenait une très grande place dans ma vie.

PHARE FM : Vous employez l’imparfait, pourquoi ?

Gilles : Parce que depuis que j’ai rencontré Jésus, c’est Lui qui est devenu ma passion.

PHARE FM : Que représente désormais le football pour vous ?

Gilles : C’est mon emploi, mon gagne-pain. Le football, c’est le moyen de gagner ma vie. Je me donne à fond dans ce que je fais.

PHARE FM : Est-il possible de jouer « réglo » ?

Gilles : Oui. Lorsqu’on est chrétien on respecte les règles. Tout ce que l’on fait, il faut le faire avec sérieux. Et rester dans l’intégrité par rapport à votre foi.  Je respecte les autres de même que je respecte la volonté de Dieu dans ma vie.

PHARE FM : Priez-vous avant un match ?

Gilles : Oui, avant le match, pendant le match, et après le match. Quel que soit le résultat et l’issue de la rencontre, je remercie le Seigneur régulièrement.

PHARE FM : Lors d’un match, un joueur vous a blessé, intentionnellement, pourrait-on dire, qu’en est-il maintenant pour vous ?

Gilles : Une blessure assez grave m’a été infligée, j’avais le genou totalement explosé, le diagnostic était effrayant. Je n’étais même pas sûr de pouvoir rejouer un jour, les médecins étaient pessimistes. J’étais alors dans ma dernière année de contrat. Et celui-ci a été prolongé malgré ma blessure. Par la grâce de Dieu, je m’en suis remis. Je rejoue à nouveau. Merci à Jésus.

PHARE FM : Vous avez vécu des moments difficiles.

Gilles : Oui. La douleur physique intense tout d’abord. Je me posais des questions quant à mon devenir et aussi des questions d’ordre spirituel. On a des questions qui vous trottent dans la tête et qu’on ressasse. Mais j’ai placé ma foi en Dieu et en fait, cela a renforcé ma relation avec Jésus. Car sa parole nous dit que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu ». En fait, je suis sorti grandi de cette épreuve.

PHARE FM : Avez-vous du ressentiment envers le joueur qui vous a blessé ?

Gilles : Non, je n’ai jamais éprouvé de rancune donc je n’avais rien à lui pardonner. J’ai eu l’occasion de parler avec ce joueur. Car pour ne pas que lui-même éprouve un sentiment de culpabilité je suis allé vers lui et j’ai prié pour lui. Et lorsque j’ai réalisé combien c’était pesant pour lui, que lui aussi avait été beaucoup touché et perturbé par ce qui était arrivé, alors ma famille et mes amis, tous nous l’avons soutenu.

PHARE FM : Pourquoi tant de violence aussi bien verbale que physique dans le sport ? Il est vrai que c’est un phénomène ancien, mais ces derniers temps, cela devient un vrai sujet de préoccupation pour les fédérations sportives.

Gilles : Le monde devient de plus en plus fou. La rivalité, la compétition, les enjeux surtout, tout cela engendre la violence.

PHARE FM : Quel avenir pour le foot dans les années à venir ?

Gilles : Les gens investissent dans ce sport des sommes considérables, c’est un sport de plus en plus populaire. Le sport a toujours été quelque peu violent. Aujourd’hui, à cause des enjeux, les joueurs sont de plus en plus agressifs. Plus on avance, plus c’est furieux, c’est intensif et agressif. Les mots, les gestes, tout va crescendo.

PHARE FM : Et pour vous, quel avenir ?

Gilles : J’avais bâti ma vie sur le foot, ma personnalité était fondée sur le foot, mon identité, c’était le foot.  Mon avenir, est tout autre car désormais je suis passé des ténèbres à la lumière.

PHARE FM : Ça, c’est le meilleur but que vous ayez marqué.