Grain de Sel ou Grain de Poivre ? – 3 juillet 2019 – Jean-Marc Bellefleur – La chaleur pas pour tout le monde

Grain de Sel ou Grain de Poivre ? – 3 juillet 2019 – Jean-Marc Bellefleur – La chaleur pas pour tout le monde
Grain de sel/poivre ?

 
 
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PHARE FM : Bonjour Jean-Marc Bellefleur.

Chroniqueur : Bonjour Sandrine, bonjour Nathanaël ! Il fait chaud là, non ?

PHARE FM : Ah oui, je vous confirme ! Dans le sud de la France, on a dépassé les 45 degrés à l’ombre !

Chroniqueur : Et ce sont toujours les mêmes qui trinquent. En janvier, je vous parlais des difficultés des personnes mal-logées pour se chauffer. Ce mois-ci, je vais vous parler des difficultés de ces personnes quand il fait très chaud.

PHARE FM : On a tous chaud, mais c’est en effet beaucoup plus dur et dangereux pour les mal-logés ?

Chroniqueur : Effectivement, tout le monde ne peut pas ouvrir ses fenêtres sur un jardin arboré, et faire un courant d’air rafraîchissant pendant toute la nuit. Tout le monde n’a pas l’argent pour installer une climatisation, ou même ne l’aurait pas pour en payer la consommation électrique.

PHARE FM : Début 2019, un rapport de l’Agence européenne de l’environnement l’a bien dit , je cite : « La santé des citoyens européens les plus vulnérables reste affectée de manière disproportionnée par les risques liés à la pollution de l’air et à la pollution sonore, ou encore les températures extrêmes (froid ou chaud) ». Fin de citation. Qu’est-ce que cela veut dire ?

Chroniqueur : C’est très simple : si vous n’avez pas les moyens d’habiter ailleurs que dans un logement près d’une usine ou d’un gros axe de circulation, soit vous gardez les fenêtres fermées et vous étouffez, soit vous ouvrez les fenêtres et vous respirez la pollution ou subissez le bruit ambiant.

PHARE FM : Et pour les personnes qui n’ont carrément pas de domicile ?

Chroniqueur : L’été est en fait plus difficile que l’hiver pour elles. Pourtant, le plus gros effort d’hébergement d’urgence, avec des places supplémentaires, est fait en hiver, pour que « personne ne soit à la rue ». En été, les associations relâchent leur effort, des structures ferment, et on trouve moins facilement à manger, où dormir, où se laver. Alors les dangers sont là : hyperthermie (la température du corps augmente), déshydratation (le corps manque d’eau), complications des maladies de peau, fréquentes chez les personnes sans abri. Allez passer une journée dans la rue en ville, avec de trop rares points d’eau libres d’accès et des lieux frais dans lesquels on ne peut pas rester… En cas de canicule, c’est invivable !

PHARE FM : Il faudrait faire des hébergements d’urgence stables, pendant toute l’année, sans saisons hautes ou basses.

Chroniqueur : Oui !… J’ajoute qu’un courant fort est apparu parmi les acteurs sociaux, qui veut moins de places d’hébergement et plus de logements accompagnés, ce qui favorise une meilleure prise de responsabilités par les personnes : cela s’appelle le « Logement d’abord ». Alors je souhaite bon courage aux personnes qui développent ces nouvelles politiques, qui essaient toujours et encore de trouver des solutions. Et à un niveau plus modeste, voyez donc si vous pouvez prêter un ventilateur à une personne qui en a besoin !