Grain de Sel ou Grain de Poivre ? 18 juin 2019 – Philippe Malidor – La conversion et le principe de tolérance

Grain de Sel ou Grain de Poivre ? 18 juin 2019 – Philippe Malidor – La conversion et le principe de tolérance
Grain de sel/poivre ?

 
 
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PHARE FM : Bonjour Philippe. Vous voulez aborder un sujet un peu étonnant : la conversion religieuse… chez les autres. Qu’est-ce que vous voulez dire par là ?

Chroniqueur : La pensée m’est venue à partir d’une feuille de prière pour le monde musulman. L’exemple était celui-ci : au Kirghizistan, pays où il y a des Kirghizes et des Ouzbeks, quand on se convertit au christianisme on n’est plus considéré comme un vrai Kirghize ou un vrai Ouzbek.

PHARE FM : Vu de loin, ça peut paraître étrange, et peut-être idiot.

Chroniqueur : C’est ce que je me suis dit : au Kirghizistan, on doit être musulman, et pas autre chose. Mais chez nous, en France ? Honnêtement, est-ce que vous n’avez pas eu envie de rire en entendant le nom d’un des convertis à l’islam radical qui avait fomenté l’attentat contre l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray : Abdel-Malik Nabil Petitjean… ça sonne bizarre ! Quand, dans une famille chrétienne, quelqu’un devient hindouiste, ou musulman, est-ce qu’on le prend si bien que ça ? La religion est beaucoup plus liée à un pays ou à une civilisation qu’on ne le croit.

PHARE FM : Mais sur le fond, quand il y a un changement de religion dans une famille pratiquante, est-ce qu’on peut concevoir que ça fasse souffrir ?

Chroniqueur : Oui, absolument ! J’ai des amis chrétiens évangéliques très engagés dont le fils s’est converti à l’islam. C’est une vraie souffrance pour eux, parce que leur foi en Jésus-Christ est très sérieuse et que leur fils s’est détourné de leur Sauveur. Le paradoxe, c’est que sur leurs quatre enfants, c’est le seul qui fait de bonnes études et qui entretient avec eux les meilleures relations. Ça interroge…

PHARE FM : Est-ce qu’on aurait tendance à prêcher le concept de tolérance surtout aux autres ?

Chroniqueur : La tolérance, c’est un concept à bien définir. Les amis dont je parle sont tolérants dans le sens où ils ne persécutent absolument pas leur fils et où ils ne l’ont pas rejeté. Mais souvent, la tolérance est de l’indifférence, c’est de la tolérance molle. Et dans les enquêtes d’opinion, les gens se disent tolérants : au droit de changer de religion, à l’homosexualité, au mariage pour tous, à la gestation pour autrui, etc. Mais le jour où ça les concerne personnellement, ou même si vous discutez en privé avec eux, le discours n’est plus du tout le même…

PHARE FM : Vous êtes un fervent partisan de la liberté de religion. Alors, comment percevez-vous l’attitude des pays ou des individus musulmans intolérants ?

Chroniqueur : J’essaye de les comprendre de l’intérieur : c’est une souffrance pour eux quand quelqu’un se détourne de « la religion », comme ils disent, pour devenir un infidèle. Pour eux, c’est un traître, un apostat, quelqu’un qui est bon pour l’enfer. MAIS ça ne m’empêche pas de penser qu’ils doivent faire un effort sur eux-mêmes pour accepter cela quand même. D’ailleurs, puisqu’ils réclament la liberté de vivre l’islam dans des pays comme les nôtres – qui ne sont pas de tradition musulmane – il est évident qu’ils doivent accepter la réciproque, même si ce n’est pas facile. Donc, de notre côté, faisons un effort de compréhension, mais ne cédons jamais sur le droit de changer de religion et de la pratiquer librement. C’est un principe qui vaut pour tout le monde. Or, vous savez que, aujourd’hui, à part la Corée du Nord, ce sont les pays musulmans qui sont les plus persécuteurs contre les autres religions (malheureusement, l’Inde est en train de suivre la même pente). Ce n’est pas acceptable! Comprendre, ce n’est pas accepter.