Grain de Poivre du 19 septembre – Daniel Rivaud – Parents à tout prix !

Grain de Poivre du 19 septembre – Daniel Rivaud – Parents à tout prix !
Grain de sel/poivre ?

 
 
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 » Ce n’est pas d’amour qu’un enfant a besoin, mais de parents !  » … Notre chroniqueur Daniel Rivaud réagit à l’extension de la Procréation Médicalement Assistée à toutes les femmes, prévue pour l’année prochaine en France.

 

 

Phare FM : Daniel Rivaud, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est une PMA ?

Chroniqueur : Il s’agit d’une « aide médicale à la procréation », en l’occurrence d’une insémination artificielle avec donneur (IAD), pour procréer sans partenaire masculin, en dehors de toute infécondité pathologique pour répondre à un désir d’enfant.

Phare FM : Il s’agit donc d’une promesse de campagne enfin tenue ?

Chroniqueur : On peut le dire comme cela, même si Emmanuel Macron n’est pas le premier à faire cette promesse électorale. Avant lui François Hollande l’avait faite mais sans la tenir, échaudé certainement par les énormes manifestations suscitées par le mariage pour tous et une fin de règne bien difficile.

Phare FM : Donc, ce n’est pas une surprise ?

Chroniqueur : En effet Sandrine, ce n’est pas une surprise. Sur ces questions sociétales, Emmanuel Macron est dans la même ligne que son prédécesseur.

Phare FM : Compte tenu de la configuration actuelle de l’Assemblée nationale, la loi sera donc votée en 2018. Qu’est-ce que cela va impliquer ?

Chroniqueur : La PMA appliquée à tous entérine l’existence d’un « droit à l’enfant », déjà très présent dans les mentalités. On peut parler d’un véritable bouleversement de société. Car, volontairement et légalement on va ôter à un enfant la moitié de sa généalogie. C’est bien lui enlever quelque chose – et quelque chose de fondamental !

Désormais, il sera légal de procéder à la naissance d’un enfant dont l’identité du géniteur sera effacée.

Phare FM : Aujourd’hui, ça paraît impensable à beaucoup de refuser justement ce droit à l’enfant, à des gens qui se déclarent prêts à aimer et à accueillir un enfant dans leur foyer, et qui le désirent sincèrement !

Chroniqueur : C’est vrai, et c’est ça qui me dérange Sandrine ! Aujourd’hui, si je veux un enfant, personne n’a le droit de m’en priver. Or, comme disait le psychiatre Winnicott, « ce n’est pas d’amour dont un enfant a besoin, mais de parents ! ».

Le besoin de connaître son origine biologique comme celui de pouvoir s’attacher à une figure paternelle sont des besoins humains parfaitement légitimes sur le plan affectif et qui sont structurants dans la construction de la personnalité. Le problème n’est pas celui de la parenté ‘naturelle’, c’est-à-dire génétique ; il n’est pas non plus celui de la parenté d’éducation. Le problème est celui de la parenté symbolique, c’est-à-dire la possibilité pour l’enfant de se penser à la fois dans une continuité généalogique et dans la différence des sexes, fondatrice de la conscience qu’il y a de l’autre, et que cette altérité, cette différence entre l’homme et la femme, est fondatrice de la vie sociale.