Grain de Poivre du 15 septembre – Nicolas Ciarapica – Après les ouragans, la loi de la jungle

Grain de Poivre du 15 septembre – Nicolas Ciarapica – Après les ouragans, la loi de la jungle
Grain de sel/poivre ?

 
 
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Pour notre chroniqueur, les dernières catastrophes naturelles n’ont pas vraiment stimulé l’entraide entre les habitants. Au contraire.

 

Phare FM :  Nicolas, cette semaine, vous vous êtes posé plusieurs questions suite aux ouragans qui ont frappé les caraïbes…

Chroniqueur : Oui Sandrine. Bonjour et bonjour à nos amis auditeurs. Comme tout le monde, je me débats avec des sentiments contradictoires en voyant les images officielles, et celles qui circulent sous le manteau, sur les réseaux sociaux. Je dirais 4 choses : la première, c’est que le blackout de nos autorités en matière de communication, compréhensible tant qu’on n’a pas d’infos précises, a pu accentuer le sentiment d’abandon.

Phare FM :  Sur les réseaux sociaux certains ont annoncé 1000 morts à Saint Martin…

Chroniqueur :  J’ai cessé de regarder ces appels déchirants Sandrine. C’est typiquement ce qu’on appelle la “rumeur” : elle ne peut prospérer qu’en l’absence d’information officielle. Sans doute y avait-il un peu de vrai mais nos autorités sont là, elles sont globalement compétentes. La Bible nous enseigne que nous devons les respecter et nous savons que les gendarmes, la préfète-même, ont fait leur maximum – et dépit de leur manque de préparation manifeste.

Phare FM :  “Gouverner c’est prévoir”, dit-on.

Chroniqueur :  Oui, et c’est l’inventeur de la presse moderne qui a dit cela, Emile de Girardin. Mon opinion, et je l’ai vécu de près en 2005 lors des émeutes de banlieues, c’est qu’à transformer les gens en assistés, on obtient le résultat contraire. Dans le chaos se manifestent les bonnes volontés (assez rares au final) mais aussi les égoïsmes. Et ensuite, on cherche des “responsables” au lieu de se concentrer sur la reconstruction. C’est ça qui m’inquiète Sandrine. Notre mentalité “collectiviste” a toléré une immigration illégale de fait à Saint Martin. Tous ne trouvant plus de travail, certains ont commencé à vivre d’expédients et le cyclone a mis tout le monde d’accord : durant plusieurs jours, livrés à eux-mêmes, ceux qui attendaient la réponse de l’Etat ont été littéralement “dépouillés” par ceux qui avaient déjà pris l’habitude de se débrouiller seuls, au risque de pratiquer la “loi de la jungle”.

Phare FM :  On constate selon vous une absence de lien social entre les plus riches et les plus pauvres.

Chroniqueur : Exactement. Et c’est mon 3e point : comme ils vivent dans des quartiers séparés, ils ne se connaissent pas et donc ne se respectent pas. C’est la porte ouverte à la violence, voire à la violence raciste – en l’occurrence au racisme “anti-blancs”. Et la présentation biaisée des médias qui veulent absolument toujours excuser le pauvre et accuser le riche ne présage rien de bon pour l’avenir de ces îles : les “super-riches” ne se sentant plus en sécurité iront dépenser leur argent ailleurs. Je n’ai pas l’impression que les journalistes se rendent compte du côté pervers de leur façon de présenter les choses, en termes de “lutte des classes”, alors que c’est justement le moment de travailler ENSEMBLE à panser les plaies d’une société en ruines… En contrepartie, ce qui s’est passé au USA m’a semblé plus exemplaire.

Phare FM : Trump a interdit la spéculation sur le malheur d’autrui ?

Chroniqueur : Oui, et c’est mon dernier point. Il est de bon ton ici de traîner cet homme dans la boue. Mais il a été à la hauteur : 6 millions d’évacués sans accident grave, très peu de victimes et, effectivement, une possibilité pour les habitants de Floride de déposer immédiatement plainte contre tous ceux qui profitaient du désastre pour monter leurs prix (transports, logement, essence)… C’est positif, et nous pourrions nous inspirer un peu de ce qui se fait là-bas…