Grain de Poivre du 29 août – Cecylia Rançon – Le journalisme : entre information orientée et connivence politique

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Grain de Poivre du 29 août – Cecylia Rançon – Le journalisme : entre information orientée et connivence politique
Grain de sel/poivre ?

 
 
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Cecylia Rançon, l’une de nos nouvelles chroniqueuses sur Phare FM, et journaliste de son état, dénonce le manque de partialité des journalistes en général… Est-ce justifié ? Quelles alternatives ?

 

Phare FM : Bonjour Cecylia. Votre chronique est bien pimentée aujourd’hui et c’est la profession de journaliste qui en prend pour son grade…

Chroniqueuse : Bonjour Sandrine. En tout cas je ne souhaite en aucun cas jeter le discrédit sur toute une profession que je respecte puisque je la pratique moi-même, mais j’entends ici dénoncer les travers de certains confrères trop enclins à servir les intérêts du pouvoir en place, quel qu’il soit …

Phare FM : Qu’entendez-vous par là ? Les journalistes auraient perdu leur impartialité et leur indépendance ?

Chroniqueuse : Assurément ! Que ce soit en presse écrite et surtout  à la télévision, nous entendons  souvent le même son de cloche…Un son ajusté à celui de la bien pensance et du politiquement correct qui est  en totale adéquation avec le système. Mais  c’est vraiment prendre les gens  pour des imbéciles que d’imaginer les convertir aussi facilement à la pensée unique.  Car voyez-vous Sandrine, le bon sens du peuple reste malgré tout   bien aiguisé et l’entourloupe au final est   démaquée. A votre avis  Sandrine, que se passe t-il pour les lecteurs et téléspectateurs  qui n’entendent qu’un seul son de cloche ?

Phare FM : Vous allez me le dire Cecylia…(rires)

Chroniqueuse : Eh bien  ils vont chercher ce 2ème son sur … Internet !  La faute aux médias mainstream  qui ne jouent plus le jeu de la diversité des opinions. On nous dit quoi penser, qui voter, comment manger et que sais-je encore ? Cette orientation des idées  commence à bien faire ! Depuis 10 ans déjà, des journaux  alternatifs se sont multipliés sur la toile et  se chargent de « faire le boulot ».  Certains totalisent plus de  8 000  000 visites mensuelles. On y retrouve  la pluralité des opinions, souvent absente des médias traditionnels.

Des médias accusés d’être à la solde du pouvoir et  cela se traduit souvent  par :

  • l’uniformité de l’information  de plus en plus orientée
  • la connivence avec les politiques
  • et  la désinformation que certains internautes s’efforcent de corriger sur le web.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la profession de journaliste soit si mal perçue par l’opinion. Un désamour qui ne cesse de grandir si on en croit les dernières études publiées.

Phare FM : Si je comprends bien, on ne fait plus confiance aux journalistes…

Chroniqueuse : Comment voulez-vous faire confiance à des médias privés de liberté? Certains d’entre eux sont dépendants des actionnaires de presse. C’est une triste réalité Sandrine mais la quasi totalité des grands médias généralistes appartiennent à ce jour à une vingtaine de grands  groupes dont les patrons ont fait fortune dans la télécommunication, le transport ou le luxe.  Allez, pour le plaisir on va en citer quelque uns : Patrick Drahi, Xavier Niel, Vincent Bolloré,  Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Serge Dassault …Dois-je continuer ? On comprend mieux la méfiance du grand public pour la presse qui n’est plus autonome car financée par la publicité. Doit-on rappeler les devoirs du journaliste  mentionnés dans la Charte déontologique rédigée à Munich en 1971 ? «  Ne jamais confondre son métier  avec celui du publicitaire ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs ». Il me semble que la profession  à bien évoluée depuis près de 50 ans et pas dans le bons sens. Il serait temps que les journalistes se remettent en question s’ ils ne veulent pas perdre totalement l’intérêt et la confiance du public. Pour conclure, je citerai le célèbre journaliste français Albert Londres, connu pour avoir  fait  fermer le bagne de Cayenne : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »

Une piqûre de rappel qui ne fera pas de mal à certains confrères. A bon entendeur.