Grain de Poivre du 28 mars – Guillaume Bourin – La violence raciste

Grain de Poivre du 28 mars – Guillaume Bourin – La violence raciste
Grain de sel/poivre ?

 
 
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Pour notre chroniqueur, la violence raciste est la plus « incompréhensible » des violences. Explications.

 

Phare FM : Guillaume, cette semaine vous voulez nous parler de violence raciste, entre autres suite à une certaine affaire traitée en ce moment… Pourquoi ce thème Guillaume ?

Chroniqueur : Et bien parce que c’est là un sujet qui me fascine depuis mon adolescence. Je peux comprendre ce qui pousse un homme ou une femme à la violence, car je discerne en moi des pensées et des raisonnements qui pourraient bien m’y conduire si je ne les réfrénais pas. Par contre, je ne parviens pas à comprendre le racisme, j’entends par là une forme d’hostilité répétée et systématique contre des personnes issues d’un groupe ethnique différent. Or, une affaire judiciaire en cours, le procès des membres du « clan du loup blanc », me pousse de nouveau à la réflexion.

Phare FM : Qu’est-ce que ce groupe, Guillaume ?

Chroniqueur : Et bien c’est un groupe identitaire, pour ne pas dire néo-nazi : ils portent des blousons noirs, ont le crâne rasé, écoutent ce qu’on pourrait appeler du « rock anticommuniste » et aiment faire les fameux “pogos”. Ce groupe est basé en Picardie, et aurait été constitué sous l’influence de Serge Ayoub, tristement célèbre sous le surnom de « batskin » (c’est à dire un skinhead équipé d’une batte de baseball).

Ce groupe aurait essentiellement sévi en zone rurale, braquant des petits commerces, se livrant au trafic de drogue et organisant de véritables ratonnades dans des camps de gens du voyage ou dans des quartiers majoritairement peuplés de nord-africains.

Paradoxalement, c’est un règlement de comptes entre deux groupuscules néo-nazis qui signe le point de départ des investigations des enquêteurs. Dans le traitement médiatique de l’affaire, on y retrouve les ingrédients classiques : des personnes en errance, habituées à la violence, un rapport de force qui s’exerce à l’intérieur même du micromouvement, mais une cristallisation de la haine et une unité de tous les groupuscules dès que « l’ennemi » est issu de l’immigration.

Alors je le reconnais, la violence ne me surprend plus ; mais le racisme, je ne m’y habitue toujours pas.

Phare FM : Qu’y-a-t-il de plus choquant dans le racisme que dans la violence, selon vous Guillaume ?

Chroniqueur : Je crois que l’un et l’autre sont tout aussi choquants, les deux constituent une atteinte à la moralité. Mais le racisme touche à un quelque chose de primordial, un aspect fondamental de l’humanité : comment, de principe, peut-on haïr quelqu’un de la même nature que nous ? Or, là où l’on vante le progrès de nos sociétés modernes, moi je ne vois en certains cas qu’un triste recommencement… Cette nouvelle affaire de violence raciste en est l’exemple : il n’y a décidément rien de nouveau sous le soleil.

Je suis frappé de constater que la Bible donne une explication de l’origine de l’humanité qui exclut d’emblée toute forme de racisme et de xénophobie. En faisant remonter l’origine du monde à un couple unique, Adam et Ève, et en décrivant l’ensemble de l’humanité comme descendant d’eux, le récit biblique des origines coupe l’herbe sous le pied à toute forme de racisme.

Cette affaire du « clan du loup blanc » m’interpelle. A l’heure où les pays du monde entier sont frappés par une vague de populisme, où chacun se replie sur soi, où la haine de l’autre progresse, serait-il possible qu’une autre voie existe ?

Pour ma part, je crois qu’il serait bon que nous nous interrogions sur cette question. Condamner les actes de ce groupuscule nazi est nécessaire. Regarder à Dieu, qui seul peut délivrer ce monde de toute forme de racisme, est LA solution.