Grain de Poivre du 28 février – Guillaume Bourin – Islam et déradicalisation

Grain de Poivre du 28 février – Guillaume Bourin – Islam et déradicalisation
Grain de sel/poivre ?

 
 
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Plein phare sur la publication mercredi dernier d’un rapport délicat sur la déradicalisation djihadiste en Europe. Que dit ce rapport ? Réponse avec Guillaume Bourin, notre chroniqueur.

 

Phare FM : Bonjour Guillaume Bourin ! Mercredi 22 février 2017, le rapport de la mission d’information « désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en Europe » était rendu public, et à priori c’est un fiasco…

Chroniqueur : Absolument, tous les observateurs s’accordent à le dire : la déradicalisation en Europe francophone est un échec. Le rapport que vous citez étrille les mesures prises jusqu’ici et dégage quatre axes d’explication :

  • L’échec du programme dès qu’il est appliqué aux détenus violents. Ceux-ci terminent presque invariablement en détention voire à l’isolement -l’on parle de plus de 300 personnes rien qu’en France.
  • Les graves défaillances dans le processus de mise en place du programme : appel d’offre bâclé, absence de réelles pré-sélections des acteurs en amont, peu de contrôle…
  • Il s’ensuit naturellement une gabegie financière que les pouvoirs publics ne sont même pas capables de chiffrer aujourd’hui. Un projet faramineux, inefficace, et finalement payé par les contribuables…
  • Et puis, enfin, le rapport note l’excès de centralisation des décisions et l’absence d’évaluation des personnes radicalisées.

Au final, on a vraiment le sentiment d’une déradicalisation menée tambour battant, mais les yeux fermés…  

Phare FM : En effet… C’est donc une véritable bérézina. Mais vous, Guillaume, vous semblez penser que l’échec est bien plus large…

Chroniqueur : Je pense que le rapport ne se focalise que sur la partie émergée de l’iceberg. Et si je ne peux que m’attrister de ses conclusions, je crains que le problème ne soit en réalité plus profond. À mon sens, les pouvoirs publics commettent deux erreurs majeures : ils ne cherchent pas à comprendre l’Islam, et ils ne tirent pas leçons de l’histoire.

Ils ne cherchent pas à comprendre l’Islam, parce qu’ils analysent le problème sous l’angle des musulmans, c’est à dire des personnes qui pratiquent l’Islam. Or, si l’on regarde aux pratiquants, l’on verra certes des djihadistes, des salafistes, des conservateurs, mais aussi des modérés et même des libéraux. Sauf que la question ne se limite pas au contexte des pratiquants ; il faut surtout prendre en compte la nature du message. En 1989 déjà, Jacques Ellul tirait la sonnette d’alarme et rappelait que, lorsqu’on regarde aux textes fondateurs, l’Islam est « la seule religion au monde qui prétende imposer par la violence sa foi au monde entier ».
Mais, dira-t-on, il y a bien des modérés, il y a bien des libéraux, ne serait-ce pas cette approche de l’Islam qu’il faudrait promouvoir ? Et bien sur le papier oui ! Sauf que dans les faits, lorsque l’on regarde à la longue et complexe histoire de l’Islam, ce sont toujours les motions les plus intégristes qui l’ont emporté.

Phare FM : Pourquoi cela Guillaume ?

Chroniqueur : Et bien c’est un phénomène commun à toutes les religions que l’on pourrait appeler « éveil de la conscience religieuse ». Lorsque qu’un tel éveil se produit, on assiste presque invariablement à un retour aux textes fondateurs. L’éveil des musulmans d’Europe Francophone -qui ne fera que s’accélérer sous l’effet de la stigmatisation dont ils sont de plus en plus l’objet-  se traduira toujours par un retour aux textes du Coran.
Penser que l’adhésion de « certains musulmans » à l’intégrisme est le résultat d’une crise d’identité est donc une désastreuse interprétation. C’est un phénomène de retour aux sources historiques, de retour aux textes. C’est la vision du monde des « radicalisés » qui est cause, pas leur faiblesse d’esprit.

Phare FM : Mais alors, Guillaume, est-ce qu’il y a une solution ?

Chroniqueur : Personne ne peut trouver la paix en dehors de Jésus, qui est LA Paix… Et les témoignages d’anciens salafistes se multiplient un peu partout en ce sens : nombreux sont ceux qui entendent parler de Jésus, croient en lui, et sont radicalement transformés.

La seule déradicalisation qui marche, c’est celle qu’offre un cœur transformé. Et ça, seul Dieu peut l’effectuer.