Grain de Poivre du 18 janvier – Eric Denimal – Les commémorations

Grain de Poivre du 18 janvier – Eric Denimal – Les commémorations
Grain de sel/poivre ?

 
 
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Que reste-t-il aujourd’hui de Charlie ? Retour sur les commémorations qui ont eu lieux dernièrement en Europe. Pour Eric Denimal, notre regard sur la nation doit aujourd’hui changer : on l’écoute…

 

Phare FM : Eric Denimal, vous nous disiez vouloir revenir sur les récentes commémorations suite aux attentats, à Paris entre autres : Charlie, l’épicerie kasher, le Bataclan, Nice, Bruxelles… Vous pensez que c’est important de montrer que l’on se souvient ?

Chroniqueur : Oui, je pense que c’est important mais que ça ne suffit pas. Nous nous souvenons tous de l’impact sur le peuple français, belge – et même dans le monde – qu’il y a eu suite à ces attentats terribles. Des millions de personnes ont dit, de différente manière que, quelque part, elles étaient « Charlie ». On se souvient des chefs d’états européens venus marcher dans une avenue bien gardée de Paris pour dire la solidarité et l’horreur. Mais que sont les vraies retombées de ces moments d’émotion très symboliques ?
Si on prend du recul, et nous pouvons le prendre aujourd’hui, et si nous observons froidement les faits, quelle a été la volonté politique d’inscrire ces événements dans la réalité et dans une vraie prise en compte ?
Un symbole – comme une mobilisation forte place de la Liberté – n’est pas seulement un voeu : « Nous voulons vivre libre de nos opinions ! » Une telle aspiration doit être matérialisée par une action à faire suivre.

Phare FM : Vous pensez que le déploiement de plans de sécurité n’ont pas suffi ? Que les décisions prises par les différentes autorités suite à cela n’étaient pas les bonnes ?

Chroniqueur : Je veux dire qu’il n’y a pas eu de vraies réflexions ni de vraies analyses, parce qu’il est pratiquement interdit d’avoir un discours précis sur les causes profondes des attentats. Dès que l’on évoque certaines pistes, on agite le spectre d’une guerre civile possible. Nos politiques sont paniqués à l’idée d’en savoir plus sur les tenants et les aboutissants et préfèrent rester dans une logique étroite et fausse. Il y a un déni affligeant de la réalité.

Phare FM : Alors qu’est-ce qu’on n’ose pas dire selon vous ?

Chroniqueur : Nous sommes dans un monde où se cognent deux réalités idéologiques et identitaires. Vous avez d’un côté l’identité occidentale qui reste un peu floue. En effet, si vous demandez à un français qu’elle est son identité, il ne pourra vous dire qu’une série de choses comme : je veux être libre ! Je veux que l’on ne m’impose pas de signes religieux ! Je veux pouvoir écouter la musique qui me plait et manger à la terrasse d’un café. Finalement, le génie de l’identité occidentale est de ne pas se définir. Face à cela, il y a des définitions identitaires extrêmement fortes.

Par ailleurs, la pensée occidentale, fière de son universalisme et de sa démocratie idéale, ne parvient pas à intégrer l’idée qu’il puisse exister, à côté d’elle, une identité qui inscrive dans ses fondamentaux, le combat et la guerre contre ce qui n’est pas elle. C’est un truc que les occidentaux n’ont pas prévu. Or, c’est une réalité nouvelle qu’il faut affronter avec un esprit neuf.La démocratie est mise à mal par l’Islam et l’Islam ne peut s’accommoder de la démocratie. Quand une idéologie, ou une religion, se présente comme LA réponse, c’est déjà une dictature. Quand deux dictatures se rencontrent, que peut-il se passer sinon le pire ?

Phare FM : Alors pas de solution selon vous… !

Chroniqueur : Si, il y en a une : c’est l’humilité. L’humilité, c’est devoir intégrer que le système auquel on croit doit avoir des failles et des cassures. Il lui faut une case vide qui permettra d’avoir du jeu. Quand deux parties sont bloquées sur leurs positions, c’est que chacune manque de cette case vide.

Mais qui est humble aujourd’hui ?

Phare FM : C’est une qualité très importante, à développer plus que jamais en effet. Merci Eric !