Grain de Poivre du 23 décembre – Jean-Luc Gadreau – Noël

Grain de Poivre du 23 décembre – Jean-Luc Gadreau – Noël
Grain de sel/poivre ?

 
 
00:00 / 5:01
 
1X
 

Ce weekend, c’est Noël ! C’est l’occasion de se réjouir et au delà du côté festif, de nous rappeler le vrai sens de Noël. Jean-Luc Gadreau veut nous encourager ce matin à considérer l’importance de cette fête et à le partager autour de nous !

 

On a de quoi se réjouir, ce weekend c’est Noël… Et ça c’est une bonne nouvelle en effet !…

Oui, c’est chouette d’apprendre qu’en 2016, Noël c’est le 25 décembre, n’est-ce pas ? Donc, j’espère que tout est prêt de votre côté Sandrine et Nathanaël… Plein de cadeaux pour la famille, quelques amis, des bouteilles et puis plein de matières premières pour les repas… Enfin tout ce qui fait Noël, non ?

Ah, mais on vous voit venir Jean-Luc… Vous sous-entendez, avec humour, que Noël est devenu surtout une grosse affaire commerciale ?

Oui et au-delà de ça, on entend souvent exprimer par de nombreux chrétiens, en cette période de Noël, deux choses différentes, qui sont clairement basées sur des réalités, je vous l’accorde, mais qui ont tendance à m’agacer un peu car vous le savez, je m’agace assez vite si vous suivez cette rubrique régulièrement.

Qu’est-ce qui vous agace tant  à Noël, Jean-Luc ?

Tout d’abord, et de façon classique, on peut se navrer du fait que Noël est en effet devenu une grosse fête commerciale, avec même une débauche parfois quelque peu écœurante, reconnaissons-le, et par conséquent, comme je le voyais talentueusement exprimé par le dessinateur suisse Alain Auderset, au travers d’un joli croquis où l’on reconnaît un Père-Noël cambrioleur en train de fuir avec un immense sac sur son dos : « On a volé le sens de Noël ». Bon, je n’irai pas en plus ajouter du poivre sur les questions de crèches dans l’espace public, etc. Plus simplement, c’est un constat ! On est d’accord, mais alors le truc qui m’agace c’est de dire ça et puis après, point final, on passe à autre chose.

Vous proposez donc autre chose ?

Oui, enfin, rien d’extraordinaire en fait, mais au-delà de ce côté festif, Noël c’est une immense occasion de donner du sens à notre foi. Rappeler pourquoi Noël autour de nous, c’est le souvenir de la naissance du Christ. La venue du Sauveur sur cette terre ! Alors on peut y donner du sens et le dire aux amis, aux collègues. Des occasions d’échanges, de débat… En tant qu’Église, utiliser cette fête pour témoigner de cette Bonne Nouvelle. Aller chanter Noël dans les rues par exemple. En plus, les gens vous font un super accueil, surtout si vous chantez bien ! Et puis, témoigner de l’amour à ceux qui en ont besoin. Et là vous redonnez sacrément, et c’est le cas de le dire, du sens à Noël ! En fait, vous l’aurez compris, et c’est valable pour beaucoup d’autres choses : plutôt que d’en rester au stade du constat amer mais non productif, partir du constat pour se bouger, à son échelle, en fonction de ses possibilités, et ainsi faire avancer les choses positivement.

Alors quelle est la deuxième chose qui vous agace pendant la période de Noël ?

Ce discours que l’on peut entendre, et qui là aussi s’appuie sur une réalité : « Jésus n’est pas né un 25 décembre, et de plus, ce n’est pas la naissance d’un bébé qui est important dans l’œuvre salvatrice mais plutôt la croix, la résurrection…» Donc Noël n’a pas de raison d’être fêté plus que ça. Vous voyez, le genre de discours un peu, rabat-joie.

Pourquoi serait-ce rabat-joie si c’est vrai ? C’est peut-être un argument intéressant ?

Eh bien, désolé, mais pour moi, dans ma théologie, il est primordial de célébrer le fait qu’à un moment donné, Dieu fait le choix de s’incarner, de venir rejoindre notre condition humaine, et au travers de cette image, entendre par là que Dieu s’intéresse à l’homme que je suis, que de la même façon il vient rejoindre ma vie, mon histoire personnelle, qu’il se préoccupe de ce que je suis. N’est-ce pas le plus important ?