Grain de Poivre du 08 décembre – Eric Lemaître – La liberté de conscience

Grain de Poivre du 08 décembre – Eric Lemaître – La liberté de conscience
Grain de sel/poivre ?

 
 
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Peut-on exercer des responsabilités en politique tout en assumant sa foi chrétienne ? Voici le point de vue d’Éric Lemaître!

 

Phare FM : La conscience, ça relève de l’intime conviction et la raison pour beaucoup, doit seule conduire les affaires de l’état ! Vous Éric, quel est votre sentiment ?

Chroniqueur : Oui je connais en effet de nombreux acteurs qui dans les affaires publiques soulignent que l’intime conviction n’a pas à interférer avec la gestion d’un état, la gestion d’une cité, la vie sociale d’un pays. Sur ce point, il faudrait préciser que les hommes politiques partent du principe que l’éthique de la responsabilité est supérieure à l’éthique de la conviction. En conséquence, l’homme politique doit minimiser ses convictions, pour éviter de froisser ceux qui ne pensent pas comme lui. Mais il faudrait opposer à cette idée qu’il y a une différence entre exprimer une conviction et l’imposer. Tant qu’un homme politique a le souci du bien commun, on ne doit pas selon moi l’empêcher, de taire ses convictions personnelles : il a même le devoir de les exprimer publiquement car il joue aussi un rôle d’éclaireur sur le plan moral. C’est ce que fit par exemple le roi Baudouin de Belgique en abdiquant le jour où le parlement belge a voté la loi sur l’avortement.

Phare FM : « La religion n’a pas à guider la vie de la république » ce propos ne rejoint-il pas cette célèbre citation « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » ?

Chroniqueur : Ce propos et cette citation interpellent en effet par leur symétrie. Nous comprenons et souscrivons à ce principe « La religion n’a pas à guider la vie de la république ». La religion dans une conception dogmatique ne devrait nullement être imposée à ses citoyens, car la religion notamment la religion chrétienne dans son énoncé repose uniquement, exclusivement sur le libre consentement, la libre adhésion. Aucune personne dès lors, libre penseur ou croyant ne devrait dès lors imposer à la nation son point de vue.  Aucune personne habitée par des convictions ne devrait rêver la religion comme une gouvernance et compromettre ainsi sa foi notamment chrétienne avec la gestion de l’état.

Cependant le Chrétien n’est-il pas appelé à féconder le monde et à rechercher la justice, à plaider même en sa faveur, ne devrait-il pas être le levain dans la pâte, le sel entremêlé à la terre, la lumière du monde. Le Chrétien n’est-il pas dans sa conscience, appelé à interagir pour le bien commun et s’exprimer justement au nom de sa conscience et au nom de principes qui sont supérieurs à ceux de la raison humaine ?

Phare FM : Pour revenir à la dimension de la conscience, pensez-vous qu’il y a des sujets et des débats sur lesquels, il serait important de ne pas étouffer son intime conviction ?

Chroniqueur : Oui Sandrine Il est parfaitement légitime de défendre la vie, de partager les conséquences néfastes d’une loi qui ne permettrait pas à la conscience de peser le pour et le contre dans ses choix, ne poserait aucune forme d’alternative par exemple sur le sujet qui touche l’avortement. Il nous semble légitime de s’opposer à la loi sur l’entrave numérique qui condamne ceux qui poseraient le principe d’une réflexion d’alternative. Nous avons de fait apprécier ceux qui ont exprimé leur honte quand les chrétiens se sont tus et n’ont rien dit pour ne pas dénoncer ces lois mortifères qui aliènent, condamnent, rejettent la vie.  Pour conclure je citerai ce célèbre théologien protestant : « Nous voulons respecter la loi, chercher le bien de la cité et nous engager sans renoncer pour autant à notre esprit critique. Mais il y a des situations où il nous faut suivre notre conscience, où il faut résister face à l’injustice, où nous avons l’obligation de faire office de sentinelle prophétique vis-à-vis de l’État ».