Grain de Poivre du 05 décembre – Philippe Malidor – Moi j’ai confiance dans la Justice de mon pays

Grain de Poivre du 05 décembre – Philippe Malidor – Moi j’ai confiance dans la Justice de mon pays
Grain de sel/poivre ?

 
 
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Avez-vous confiance dans la Justice de votre pays ? Philippe Malidor, a quelques reproches à lui faire !

 

Phare FM : Philippe, vous avez des reproches à faire à la Justice française. Pourquoi ?

Chroniqueur : Eh bien parce que selon moi, elle fait n’importe quoi. Premier exemple : à Clermont-Ferrand, la Cour d’Assises a condamné Cécile Bourgeon à seulement 5 ans de prison pour « non-assistance à personne en danger, dénonciation mensongère, et recel du cadavre » de sa fille Fiona, alors qu’elle s’est montrée entièrement complice de son compagnon Berkane Makhlouf. Dans ces conditions, peu importe qui a porté les coups mortels contre Fiona. Pire encore, Mademoiselle Bourgeon s’insurge quand on s’étonne qu’elle veuille refaire des enfants ! Et bientôt, cette mère indigne et dangereuse va être relâchée dans la nature ! Heureusement, le Parquet Général a fait appel de ce jugement scandaleux.

Phare FM : Vous dites que vous avez d’autres exemples ?

Chroniqueur : Oui : l’affaire du petit Tony, à Reims, massacré à 3 ans par le compagnon de sa mère. Il est mort d’une rupture de la rate et du pancréas, il était gravement maltraité depuis un bout de temps parce qu’il faisait pipi au lit. Les voisins ont entendu mais n’ont rien dit, et la mère du gosse a été totalement passive. Or, son charmant compagnon de 24 ans avait déjà été condamné sept fois pour violences. Que faisait-il en liberté ?

Phare FM : Et il y a un autre exemple qui vous choque.

Chroniqueur : Au tribunal seulement correctionnel de Bourges, un couple qui est totalement dans le déni a massacré sa fille au point de la faire passer à deux doigts de la mort. Les toubibs locaux n’avaient jamais vu de tels sévices. Certes, la mère a été elle-même l’objet de maltraitance dans son enfance, au point d’être considérée comme invalide permanente. Mais est-ce une raison pour que le Parquet demande seulement un an avec sursis pour chacun des parents, c’est-à-dire une quasi-impunité ? Ce couple infernal ne vaut pas plus cher que les meurtriers de Fiona ou de Tony. Les coups portés auraient pu être mortels. Sur le fond, il n’y a donc aucune différence.

Phare FM : Vous avez un autre exemple à nous donner qui va dans l’autre sens : c’est celui de Catherine Sauvage.

Chroniqueur : Je ne sais pas si cette dame est victime de son patronyme (qui doit être celui de son mari) : le 3 décembre 2015, elle est condamnée à dix ans de prison ferme pour l’avoir tué. Il l’avait battue pendant 47 ans, et il avait violé ses filles durant des années. Jacqueline Sauvage est donc avant tout une victime, clairement. François Hollande, bien dans son style habituel, ne lui a accordé qu’une grâce partielle –à mon avis, elle aurait dû recevoir une simple peine de principe, avec un sursis complet. Mais on lui refuse même, pour la deuxième fois, une libération conditionnelle. À une femme de 68 ans qui ne représente plus le moindre danger pour la société, et qui a tué un homme qui l’avait menacée de mort le jour même ! Ses avocates ont dénoncé un « acharnement judiciaire » de la part des magistrats. Mais moi, je me demande carrément comment les juges traitent leur propre femme, et je ne suis pas le seul ; le site « Alternative libertaire » écrit : « Ce jugement inique prouve une fois de plus que la justice des tribunaux est au service de la domination masculine. » Eh bien, je pense que c’est entièrement vrai, et j’ajoute que, concernant la vie des petits enfants que j’ai évoqués, on est en plein droit napoléonien : la femme ou l’enfant sont pratiquement des biens matériels, et ils ne valent pas très cher par rapport à la vie, par exemple, d’un policier.

Phare FM : Que voulez-vous dire exactement ?

Chroniqueur : Je veux dire non pas que la vie d’un policier importe peu, mais qu’il faut bien voir que le prix d’une vie humaine n’est pas le même selon que vous portez un uniforme ou des couches-culottes. Il faudrait rétablir une équité digne de ce nom entre les citoyens. Quand on aura revu tout cela, je retrouverai peut-être confiance dans la Justice de mon pays, qui ressemble beaucoup trop à la Justice turque.