Grain de Poivre du 07 décembre – Hervé Anneville – Ces pays où l’on assassine les écologistes

Du Congo au Brésil, en passant par les Philippines et l’Inde, les activistes luttant pour la sauvegarde de la planète sont de plus en plus pris pour cible. Explication.

 

 

PHARE FM : Bonjour Hervé, vous souhaitez nous parler d’écologie aujourd’hui ! Il semble que militer pour l’écologie peut être une activité dangereuse !

Chroniqueur : Oui, malheureusement… Du Congo au Brésil, en passant par les Philippines et l’Inde, les activistes luttant pour la sauvegarde de la planète sont de plus en plus pris pour cible. Ils étaient 117 en 2014, 185 en 2015, et après le triste record de l’année 2016 avec 201 meurtres, il semblerait que l’année 2017 soit loin de présenter un meilleur bilan ! Et ces chiffres ne présentent même pas toute la réalité puisque nombre de meurtres ne sont pas signalés, selon l’ONG britannique Global Witness…

PHARE FM : Ça fait froid dans le dos… Qu’en est il des meurtriers, est-ce qu’ils sont arrêtés ?

Chroniqueur : Et bien c’est là tout le problème ! Prenez par exemple les indigènes de la forêt amazonienne, dont les terres ancestrales sont pillées sans leur consentement… Et bien ils représentent près de 40 % des victimes recensées par Global Witness en 2016, mais la plupart des crimes dont ils sont victimes restent impunis ! Il faut dire qu’ils font face à des intérêts économiques locaux de plusieurs millions de dollars. Ils sont même parfois traités comme des terroristes.

PHARE FM : Attendez… vous parlez du Brésil, mais il s’agit d’un pays démocratique qui possède un système judiciaire tout de même !

Chroniqueur : Certes, mais face aux intérêts économiques certains font des concessions avec la loi. L’ONG Global Witness constate que « le nombre croissant de meurtres de militants écologistes est symptomatique d’une tendance plus générale de fragilisation des droits humains de base, et de répression des sociétés civiles dans de nombreux pays ».

PHARE FM : ça paraît loin de nous tout cela, et des convictions écologiques ou du moins de sauvegarde de la planète dont on est pour beaucoup convaincus je crois… Est-ce qu’il y a quelque chose qu’on peut faire ?

Chroniqueur : Si tout cela peut nous paraître lointain, cela ne nous dédouane pas pour autant, car les assassinats impunis dans les villages miniers isolés ou au cœur de la forêt tropicale sont indirectement «alimentés par les choix que font les consommateurs à l’autre bout de la planète». Ces injustices et ces violences nous concernent donc tous et, pour nous, pour les générations futures, il est «vital» de protéger les défenseurs de l’environnement. Pour leurs droits fondamentaux bien sûr, mais aussi pour notre survie collective, car ce sont eux les gardiens des ressources naturelles de la planète face à l’accélération du changement climatique et à toute une série de problématiques environnementales qui menacent l’humanité. Une évidence qu’il est toujours bon de rappeler. 
Alors une fois de plus je crois que le pouvoir du consommateur est plus grand que ce qu’il croit pour changer le monde et qu’il est important pour lui d’utiliser ce pouvoir.