Grain de Poivre du 06 décembre – Eric Denimal – La Nouvelle Calédonie, bientôt indépendante ?

Notre chroniqueur, qui était sur place pendant 1 mois, a pu « prendre la température » des événements.

 

PHARE FM : Vous venez de passer un mois en Nouvelle Calédonie et donc vous avez eu l’occasion de sentir ce qui se prépare dans cette île lointaine, mais bien française…

Chroniqueur : Je pourrais vous parler des heures de la beauté de cette région du monde et de la gentillesse des Néo-Calédoniens, des plages paradisiaques, de la nature foisonnante et généreuse avec, en ce moment, des mangues et des litchis délicieuses, mais la Nouvelle Calédonie, ce n’est pas que cela et, comme vous le savez, dans un an, cette île devra répondre, par référendum, à une question tournant autour de l’indépendance, de l’autonomie ou de son attachement à la France.

PHARE FM : Le Premier Ministre français a, lui aussi fait le voyage pour préparer ce référendum… C’est quoi l’enjeu, Eric ?

Chroniqueur : Ce qui est l’enjeu, c’est la question de l’indépendance ou pas. Et dans le climat que nous connaissons en Europe avec la Catalogne et la Corse notamment, on peut se dire que la question est pointue. Dans un an, il y aura donc un référendum où il faudra juste répondre par oui ou par non. Mais quelle est la vraie question ? Ce ne sera pas aussi simple que : “êtes-vous pour l’Indépendance ?” Parce que l’on a un peu peur de la réponse. Et à l’heure où je vous parle, les palabres sont nombreuses pour savoir comment poser la question pour que le oui ou le non ne soit pas trop difficile à vivre.

PHARE FM : On entend d’ailleurs la voix des indépendantistes, qui sont au diapason des catalans et des corses que vous évoquiez à l’instant.

Chroniqueur : Actuellement, la tendance est à 60% pour que la Nouvelle Calédonie reste très attachée à la France et à 40% pour une indépendance réelle. Mais ce n’est pas sur ce point que j’aimerai dire quelque chose ici.
Début novembre, alors que j’étais déjà à Nouméa, une délégation néo-calédonienne était reçue à Matignon, chez le Premier ministre. La presse française a été assez discrète sur ces pourparlers, à ce moment-là. Par contre, en Nouvelle Calédonie, la chaîne de télévision évoquait largement le sujet et, à l’issue des échanges parisiens, une chose était largement développée : la grande satisfaction des délégués calédoniens de différents partis quant à l’attitude et à l’investissement du Premier ministre. Tous les représentants saluaient la présence effective et impliquée d’Edouard Philippe qui est resté présent et actif dans les négociations, lesquelles duraient parfois 14 h d’affilées.
C’est si rare que des responsables politiques et des journalistes félicitent le Premier ministre, que j’en étais tout étonné, pour ne pas dire ému, et reconnaissant.

PHARE FM : Reconnaissant ! Ca laisse présager quoi comme résultats selon vous ?

Chroniqueur : Oui, reconnaissant, parce qu’au lieu d’entendre des critiques, j’ai entendu des gens qui admettaient et percevaient le sérieux du travail du chef de l’état. Je ne peux pas présumer des résultats de toutes ces concertations et des débats futurs, mais quand des personnes, même installés dans des camps différents, reconnaissent et saluent le travail du Premier ministre, je suis rassuré à plus d’un niveau et je suis soulagé. Parce que je suis de plus en plus fatigué par les critiques permanentes, les attaques incessantes, les mises en doutes gratuites, les jugements tout aussi implacables qu’injustifiés, les refus d’admettre la bonne volonté et le manque de bienveillance venant de toute part. Fatigués aussi des commentateurs qui se prétendent intelligents et qui, du haut de leur prétention, assassinent ceux qui prennent le risque de conduite et de décider lorsqu’eux n’en assument aucun.
Il y a des hommes politiques qui font leur job aussi bien que possible. Et de temps en temps, c’est bon de le reconnaître.