Grain de Poivre du 28 août – Philippe Malidor – La Corse

11 Partages

Voilà une chronique qui va nous donner envie de repartir en vacances… Philippe Malidor, notre chroniqueur, est parti en Corse, et voici ce qu’il en a ramené.

 

Phare FM : Philippe, vous avez passé vos vacances en Corse. Et, disons-le tout net, vous en revenez émerveillé.

Chroniqueur : Oui. Je n’étais jamais allé en Corse, et ce que j’en connaissais se résumait globalement à Astérix en Corse et au film L’Enquête Corse que Caterina Murino, actrice originaire de la Sardaigne voisine, illumine de sa beauté.

Phare FM : À propos de beauté, est-ce que le qualificatif d’« île de beauté » appliqué à la Corse est mérité ?

Chroniqueur : Il n’a pas été inventé par les agences de voyage : déjà, les Grecs de l’Antiquité, qui ne manquent pourtant pas d’îles sublimes, l’avaient surnommée Kallistè, ce qui veut dire « la plus belle ». C’est la plus montagneuse des îles méditerranéennes, c’est une montagne dans la mer. Après avoir conduit pendant 1600 km sur ses petites routes escarpées et sinueuses, je ne trouverai plus jamais aucune route difficile sur le continent ! Nous avons d’ailleurs vécu un épisode, le lendemain de notre arrivée, qui nous a troublés, car nous avons failli avoir un accident frontal avec un type qui roulait à gauche en se croyant sur un circuit. Ensuite, ça s’est à peu près bien passé, mais on se dit qu’il s’en faut d’un cheveu pour qu’un souvenir désagréable ne se transforme pas en une catastrophe totale. Ça laisse avec plein de questions sans réponses, ce genre de mésaventure.

Phare FM : Et les corses, comment sont-ils ?

Chroniqueur : Eh bien, tous ceux qui nous accueillis et même logés ont été admirables de gentillesse, de simplicité et de sens de l’hospitalité. Nous rentrons avec des adresses et de nouveaux amis ! Et je pense qu’on retournera les voir. Quant aux autres corses que nous avons rencontrés, que ce soit dans un bistrot, un village perdu ou une station-service, ils ont tous été très sympathiques. Je crois qu’ils ressentent le respect de la personne qui leur parle.

Phare FM : Mais comment interprétez-vous la violence qui est bien connue là-bas ? C’est une pure légende ?

Chroniqueur : Non, évidemment. La femme du préfet Érignac en sait quelque chose. Et certains des amis qui nous ont ouvert leur table habitent un superbe et paisible village qui a connu une des plus longues guérillas familiales de l’histoire corse : 32 années ! Ce n’est pas en deux semaines de séjour que je vais prétendre connaître la corse et les corses, mais j’ai eu la bizarre impression d’être à la fois en France et à l’étranger. La Corse est un monde à part, très beau et très rude. On comprend que les habitants en soient fiers, qu’ils aient envie de la protéger, qu’ils ne veuillent pas être dénaturés ou colonisés. Mais pour ce qui nous concerne, nous n’avons ressenti aucune hostilité envers la France continentale, plutôt une soif d’identité qui se traduit par le barbouillage systématique des toponymes non-corses sur les panneaux d’agglomérations (qui sont tous bilingues) : c’est un peu ridicule, d’autant plus que les noms officiels sont plutôt italiens que français.

Phare FM : Et sur le plan de la foi, est-ce que ce voyage vous a apporté quelque chose ?

Oui, d’une part parce que ce sont des protestants corses qui nous ont reçus ; ensuite parce que, sur le plan naturel, il y a de quoi s’émerveiller : c’est grandiose à peu près partout ! Et curieusement, cette Corse où il n’a presque pas plu depuis février et où les incendies sont quotidiens, eh bien elle est presque entièrement verte, et nous avons vu des villages où l’eau coule toujours aux fontaines ! Et quand, depuis telle montagne, vous devinez la France et qu’en vous retournant vous voyez l’île d’Elbe et l’Italie, c’est un spectacle inoubliable ! Le Créateur a du talent.