Grain de poivre du 03 juillet – Philippe Malidor – Savoir se réjouir du bien de l’autre

Une fois n’est pas coutume, notre chroniqueur ne parle pas politique dans sa dernière chronique, qui se veut plus altruiste que d’habitude… Réjouissons-nous du bonheur des autres !

 

Phare FM : Philippe, vous avez souhaité nous parler de choses positives que vous avez observées.

Chroniqueur : Oui, car récemment, j’étais invité à un mariage. Un mariage non-religieux, qui m’a pourtant frappé par son intensité. Le jeune homme et la jeune femme, qui vivaient depuis 7 années ensemble, étaient très amoureux l’un de l’autre, et ce qu’ils se sont déclaré montrait que leurs sentiments reposaient sur du solide.

Phare FM : Mais quel rapport avec le sujet que vous vouliez aborder : se réjouir du bien de l’autre ?

Chroniqueur : Eh bien, c’est parce que j’ai raconté ça à une amie qui, depuis longtemps, a une relation fort peu romantique avec son mari. Elle aurait pu en concevoir un peu d’amertume, et même de jalousie, et j’aurais trouvé ça assez naturel : « Pendant que moi je végète à côté de mon homme, il y en a qui ont la chance de vivre une belle relation amoureuse. »

Phare FM : Mais je devine qu’elle a réagi autrement ?

Chroniqueur : Oui, elle s’est totalement réjouie de ce que je lui racontais, sans réserve, et avec une sincérité que je lui connais bien. Croyez-moi, ce n’est pas si courant ! Moi, je sais que son quotidien n’est pas marrant, que son histoire conjugale n’a pas été très heureuse dès le départ. Il y a des gens qui sont rendus amers par une vie peu épanouissante, surtout dans notre société où l’épanouissement personnel est l’alpha et l’oméga d’une vie réussie. Mais elle, dès que quelque chose d’heureux arrive aux autres, elle se réjouit du fond du cœur.

Phare FM : Et quand il arrive des misères aux autres, on n’est pas obligé de trouver ça chouette, mais on peut y être indifférent.

Chroniqueur : Ce que vous dites est vrai. D’ailleurs, cette même personne, il y a quelques jours, a appris qu’une autre dame venait de voir mourir le petit chien qu’elle avait acheté trois semaines auparavant : toute la famille était effondrée. Là où d’autres auraient trouvé ça ridicule, ou un peu exagéré, j’ai vu qu’elle avait une compassion, une peine bien réelle pour cette dame et pour sa famille. Ça me rappelle une phrase de l’apôtre Paul qui écrit ceci : « Partagez la joie de ceux qui sont dans la joie, les larmes de ceux qui pleurent. »

Phare FM : Est-ce que ça s’applique aussi au niveau de la maladie, par exemple ?

Chroniqueur : Oui. Je pense à une de mes tantes qui est partiellement handicapée depuis 5 ans suite à un AVC. Elle se plaint assez peu, et elle a toujours soin d’ajouter : « Il y a des gens qui sont dans une situation bien pire que la mienne ! » Et elle s’estime heureuse de ne pas souffrir plus que ça.

Phare FM : Et le fait de sympathiser avec les autres, soit en les accompagnant dans leurs malheurs, soit en étant heureux pour eux, est-ce que ce n’est pas utile pour soi-même ?

Chroniqueur : Oui, j’en suis persuadé. Car on dit bien qu’on « se pourrit la santé » à force de ronchonner, de voir le mal partout, de ressasser ses propres misères. Donc, quand on se réjouit du bonheur des autres, on se fait du bien, et ça ne fait pas empirer notre situation pour autant. Et quand on compatit avec les personnes qui ont des problèmes, ça a l’avantage immédiat de nous décentrer de nos propres malheurs. Car c’est un fait qu’il y a des gens beaucoup plus malheureux que soi-même : avant de se plaindre, il est bon de s’en souvenir !