Grain de poivre du 30 juin – Jean-Yves Peter – Une religion qui n’en est pas une

Pour notre chroniqueur, le christianisme est une religion à part… D’ailleurs, peut-on véritablement parler de religion ? Décryptage.

 

Phare FM : Il y a deux semaines, vous nous avez parlé du mot religion, un mot qui, selon vous, ne veut rien dire et masque la vérité, tant il recouvre des réalités concrètes, les religions, qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, de même que le ou les dieux de ces religions.Et aujourd’hui, sur le même thème, vous voulez nous parler d’une religion en particulier…

Chroniqueur : Oui, et si je veux vous en parler, c’est parce que cette religion se distingue tout particulièrement des autres, de toutes les autres, qu’elle en est même exactement le contraire, et cela parce qu’en fait, cette religion n’est pas une religion.

Phare FM : Quelle est cette religion qui n’est pas une religion ?

Chroniqueur : D’abord, pour bien comprendre, je vais donner une définition simple du mot « religion ». En fait, il y a religion là où Dieu est un problème. Autrement dit, là où vivre est un problème. Parce qu’à quoi servent les dieux, sinon à résoudre les problèmes de la vie, et à nous en épargner les épreuves ? Alors les hommes se rassemblent, en familles, en tribus, en nations, pour implorer un ou plusieurs dieux (c’est plus sûr) avec divers rituels et dévotions, tout cela pour obtenir de ce ou ces dieux ce que tout le monde espère : être épargné de souffrir, et dominer plutôt que d’être dominé…

Phare FM : Et ça marche ?

Chroniqueur : Eh bien non ! Personne dans le monde n’a jamais obtenu cela, en tout cas durablement. Alors on se dit qu’on ne prie pas comme il faut, qu’on ne fait pas assez d’offrandes et de dévotions, qu’on n’est pas assez consacrés pour satisfaire son ou ses dieux et obtenir le bonheur tant espéré… il y a religion là où Dieu est un problème, là où accéder à lui et surtout à ce qu’on attend de lui est un problème qui ne se résout jamais. La religion implore une solution qu’elle n’obtient pas.

Phare FM : Sauf peut-être une, Jean-Yves… ?

Chroniqueur : Oui, et c’est le christianisme. Mais appelons-le plutôt la foi en Jésus, qui rassemble tous les chrétiens, tous ceux qui croient que Jésus est le Christ, c’est-à-dire celui que Dieu a envoyé pour sauver les hommes, autrement dit pour régler leur problème ; pour que vivre ne soit plus un problème. En Jésus, Dieu s’est donné comme la solution que personne ne pouvait trouver. Jésus est venu ouvrir l’accès à Dieu, c’est-à-dire l’accès à la vie, que les hommes ne pouvaient pas et n’auraient jamais pu ouvrir, quels que soient les religions et les rituels imaginés pour cela. Accéder à Jésus n’est pas un problème : c’est lui qui vient nous chercher !

Il vient dire aux hommes : Je ne suis plus au-delà ; je suis là, avec toi, pour toi ; celui qui croit en moi, c’est-à-dire celui qui m’écoute, a la vie éternelle. Ce n’est plus un problème ; c’est la solution ! La solution désespérément recherchée par toutes les religions, de diverses manières d’ailleurs, qui vont de la mystique à la guerre sainte…

Phare FM : Donc, qualifier de religion la foi en Jésus est une erreur ?

Chroniqueur : Oui, parce que la foi en Jésus est le contraire de la religion, parce que Jésus n’est pas un problème ; il est la solution. L’assurance qu’au-delà de toutes les épreuves de ce monde, de toutes les violences de la mort contre nous, il y aura pour ceux qui l’écoutent la vie éternelle dans le règne rétabli de son amour. Et cela, il nous l’a montré et offert en ressuscitant de notre violence et de notre mort. Avec Jésus, il n’y a plus de problème vital ; nous pouvons vivre notre vie, infiniment. Parce que l’amour n’a pas de limite.

Phare FM : Mais alors, que doit répondre un chrétien, si on lui demande quelle est sa religion ?

Chroniqueur : Excellente question ! Je propose cette réponse : « Ma religion ? Eh bien justement, ce n’est pas une religion ; c’est la foi en Jésus… »

L’interlocuteur (interloqué) répondra sans doute : « Ah bon… et pourquoi ce n’est pas une religion ? »

« Eh bien, parce qu’avec Jésus, plus de problème ! Il me donne tout, toute ma vie. Alors avec lui, le monde n’est plus une menace ou une proie, mais une promesse. Et en plus, une promesse accomplie ! »