Grain de Poivre du 02 juin – Jean-Yves Peter – Les femmes, une « espèce » en voie de disparition ?

Il y a quelques temps, on entendait parler de harcèlement de rue et de sexisme poussé à l’extrême dans le quartier de la Chapelle, à Paris. Une pétition a même été lancée par les habitantes excédées. Notre chroniqueur revient sur ce cas problématique et tente d’en analyser les causes, tout en apportant des réponses.

Analyse.

 

Phare FM : Il y a six mois, nous avons parlé avec vous des cafés interdits aux femmes dans la ville de Sevran, en banlieue parisienne. Ces dernières semaines, c’est un sexisme plus invraisemblable encore qui a été dénoncé, en plein Paris cette fois…

Chroniqueur : Oui. Plus précisément dans le quartier de la Chapelle, quartier populaire du 18ème arrondissement de la capitale. Une pétition lancée par les femmes de ce quartier, intitulée « les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris », a fait découvrir à la France entière que dans ce quartier, les femmes ne peuvent plus circuler sans subir un harcèlement agressif et dissuasif, qui a pour objet de leur signifier clairement qu’elles n’ont pas à circuler dans ces rues, qu’il s’agit d’un espace réservé aux hommes.

Je cite Nathalie, 50 ans, qui témoigne : « Nous avons toutes droit à un traitement insupportable ; ce sont des injures, des réflexions incessantes ; l’ambiance est angoissante, au point de devoir modifier notre itinéraire, notre tenue vestimentaire ; certaines ont même renoncé à sortir de chez elles. »

Phare FM : Qui sont les auteurs de ce harcèlement ?

Chroniqueur : Ce sont apparemment des migrants refoulés de Calais et regroupés dans ce quartier de Paris, proche d’un centre d’accueil évidemment surchargé, et qui survivent de divers trafics…

Phare FM : Il s’agirait donc pour ces hommes de protéger ce trafic ?

Chroniqueur : Non, car dans ce cas, ce harcèlement s’en prendrait aux hommes comme aux femmes, ce qui n’est pas le cas.

Phare FM : Alors, pourquoi ce harcèlement ?

Chroniqueur : Parce que ces hommes, qui ont pris de fait le contrôle du quartier, sont originaires de pays où les femmes ne sortent pas de chez elles, sinon accompagnées par leur époux ou leur père et vêtues de façon à être voilées aux regards.

Ces hommes appliquent donc l’ordre moral qu’ils connaissent et qu’ils respectent, et selon lequel une femme seule dans la rue et vêtue à l’européenne est tout juste bonne à se faire insulter ou agresser ; c’est une impureté qui doit être exclue, éloignée du regard.    

Phare FM : C’est donc un problème culturel ?

Chroniqueur : Ce harcèlement n’est pas un fait culturel, mais un fait moral ; le fait des règles qui ordonnent la vie sociale de ces hommes envers les femmes. Et les règles morales d’une société ne sont pas la conséquence de sa culture, mais de sa religion. Le harcèlement des femmes du quartier de La Chapelle est un fait religieux ; c’est le fait d’une religion qui établit la domination de l’homme sur la femme comme un ordre divin.

Phare FM : Alors que faire pour remédier à cette situation ?

Chroniqueur : D’abord, bien sûr, une urgence policière s’impose, pour disperser ces concentrations et empêcher qu’elles se reforment ailleurs, avec les mêmes conséquences. Mais si l’on est indigné, voire effrayé par ces événements, et il y a de quoi l’être, c’est aussi le moment d’entendre qu’il y a un Dieu, un seul, qui s’oppose à la domination de l’homme sur la femme, et qui a dit qu’en Lui, « il n’y a plus ni hommes ni femmes ».

Phare FM : Qu’est-ce que ça veut dire ?

Ça signifie qu’il n’y a plus aucune ségrégation justifiable entre les femmes et les hommes, plus aucune échelle de valeur entre eux aux yeux de Dieu. Les femmes et les hommes reçoivent de Jésus le même amour, la même délivrance, et la même vocation commune à la liberté.