Grain de Poivre du 30 mai – Daniel Rivaud – Vers une lente disparition de la famille ?

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Grain de Poivre du 30 mai – Daniel Rivaud – Vers une lente disparition de la famille ?
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Pour notre chroniqueur, la conception d’enfant par GPA (Gestation Pour Autrui) ou PMA (Procréation Médicalement Assistée) remet gravement en question la filiation humaine. Explications.

 

Phare FM : Quelques jours à peine après l’annonce de la formation du nouveau gouvernement en France, le débat sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes est relancé. Qu’est-ce que cela peut changer par rapport à la situation actuelle ?

Chroniqueur : Dans ce domaine et dans beaucoup d’autres, rien n’est neutre. Et pour l’observateur régulier de ces questions, c’est une évidence. La difficulté, c’est que souvent ces questions sont amenées séparément, sans lien apparent entre elles.

Ainsi, 4 ans après le vote de la loi Taubira, et dans une parfaite continuité, se dessine la poursuite de la destruction programmée de la famille, de la filiation et de la parenté, que la suppression du ministère de la Famille dans le nouveau gouvernement risque d’accélérer encore. Ce qui se passe en France aujourd’hui a déjà touché ou touchera bientôt tous les autres pays occidentaux, et bien sûr européens.

Le processus est le même que sur bien d’autres sujets sociétaux où volontairement on introduit une confusion sur les mots et sur leur sens (exemple de l’Interruption Volontaire de Grossesse). La loi Taubira avait généré une confusion sur le statut du « parent », puisque la loi a mis sur un pied d’égalité la parenté d’intention et la parenté biologique, qui est celle de l’engendrement humain.

La volonté de fondre dans un seul « statut » des réalités distinctes — le couple parental et le couple homosexuel — risque d’accélérer le processus.

Phare FM : Qu’est-ce que vous voulez dire par là ?

Chroniqueur : La parenté d’intention et la parenté biologique sont 2 statuts bien distincts.

  • La parenté est le statut des parents qui sont à l’origine de la conception d’un enfant ; un enfant possède un père, une mère, c’est-à-dire ceux qui l’ont engendré.
  • La parentalité est le processus éducatif, qui peut s’appliquer éventuellement à des personnes extérieures à la filiation de l’enfant, mais qui s’impliquent dans son éducation, lorsque les parents sont défaillants.

Cette confusion entre parenté et parentalité est très grave, au regard de l’anthropologie, mais aussi au regard de l’intérêt de l’enfant. On ne ment pas à un enfant sur ses origines, on ne l’ampute pas d’une partie de sa filiation, sans le flouer d’un droit fondamental : celui de connaître ceux qui sont à l’origine de sa conception.

Or, la direction prise depuis un certain temps déjà, conduit à cet amalgame intenable, qui ne peut se faire qu’au détriment des enfants eux-mêmes.

Phare FM : Mais alors, quel est le lien avec la gestation pour autrui ?

Chroniqueur : Aujourd’hui, le processus de recherche « d’égalité des droits » conduit nécessairement à la PMA, à savoir à la conception d’enfants délibérément privés de père (PMA) pour être rendus adoptables. C’est un détournement de l’adoption.

Mais ce processus conduit également à la gestation pour autrui (GPA), c’est-à-dire à la marchandisation de l’enfant, objet de contrat entre commanditaires et mère porteuse : cette pratique est d’ailleurs pour moi condamnable en soi, qu’il s’agisse de répondre à un désir d’enfant de couples homosexuels ou hétérosexuels.

C’est cette pratique est aujourd’hui à nouveau sur le devant de la scène, et certains ne cachent plus leur souhait de la voir légaliser.

À travers cela se posent des questions essentielles : allons-nous vers une disparition pure et simple de la parenté, c’est-à-dire la négation du rôle essentiel de la conception dans le développement de l’enfant ? La suppression de la reconnaissance du rôle essentiel du père et de la mère ?

Phare FM : On irait alors vers un nouveau modèle selon vous, une nouvelle société ?

Chroniqueur : En effet Sandrine, au-delà de la rhétorique pour l’égalité des droits se profile l’avènement d’une nouvelle société, d’un « nouvel âge » en matière de parentalité, qui vise, non plus seulement à le mettre sur un pied d’égalité avec d’autres « formes de parenté », mais à éradiquer toute reconnaissance de l’engendrement humain.

Certains sociologues n’hésitent pas à l’affirmer purement et simplement : la filiation biologique ne serait pour les partisans de la PMA et de la GPA qu’un simple apport de gamètes, sans portée, sans conséquence pour l’enfant. Irène Théry, sociologue, tête pensante de la loi Taubira, a même affirmé que « deux femmes sont les mères de leur enfant ».

La conception d’enfant hors sol, hors conjugalité, hors sexualité, conduit à ce type de dérives. Pour moi, Elle remet gravement en question la filiation humaine. Elle nous pose directement cette question : quelle humanité voulons-nous construire pour nos enfants ?