Grain de Poivre du 19 mai – Jean-Yves Peter – Le 500ème anniversaire de la Réforme (Partie 6)

6ème volet de notre chronique consacrée aux 500 ans de la Réforme : pourquoi le protestantisme ? Qu’a-t-il apporté à notre société ? On termine cette série aujourd’hui avec notre chroniqueur.

Phare FM : Le 500ème anniversaire cette année de la Réforme et des Églises protestantes a été l’occasion de parcourir les principes du protestantisme proclamés notamment par Martin Luther, et surtout d’évoquer la concrétisation de ces principes dans notre société contemporaine. Aujourd’hui, c’est la dernière chronique de cette série ; de quoi allons-nous parler ?

Chroniqueur : En fait, nous terminons aujourd’hui par le premier, le principal des principes de la Réforme protestante, et il tient en trois mots : le Christ seul.

Phare FM : Que signifie ce principe ?

Chroniqueur : Je précise tout d’abord que “Christ”, ça signifie « celui que Dieu a envoyé » , ça a  donné le mot « chrétien ». Le Christ, c’est Jésus. « Jésus seul » signifie et rappelle que les chrétiens reçoivent tout de Jésus. Et de Jésus seul. Celui qui croit en Jésus croit que tout ce qu’il est et tout ce qu’il vit, tout ce qu’il peut vivre, éternellement, tout cela il le reçoit de Jésus seul.  

Phare FM : Pourquoi les protestants ont voulu réaffirmer cela ?

Chroniqueur : Parce que l’Église – à l’époque il n’y avait que l’Église catholique romaine – en était peu à peu venue, au fil des siècles, à s’interposer entre Jésus et les chrétiens ; à affirmer que l’Église a l’autorité d’accorder aux uns et de refuser ou d’enlever aux autres, par l’excommunication, ce que Dieu est venu leur offrir en Jésus. Je veux souligner d’ailleurs que cette dérive est largement, sinon entièrement corrigée aujourd’hui, mais que la volonté de pouvoir qui en a été la cause menace et touche en permanence toutes les Églises.

Ce que Luther et la Réforme ont affirmé en proclamant « Jésus seul », c’est que les chrétiens reçoivent tout de Jésus et rien de l’Église. Ils vivent entièrement par Jésus, et nullement par l’Église. Bien sûr, ce n’est pas une vérité protestante, c’est une vérité chrétienne.   

Phare FM : Qu’est-ce que ce principe a apporté à notre société ?

Chroniqueur : Dans notre pays et dans le monde, de nombreuses personnes s’estiment dépendantes ; dépendantes de leur employeur, de leur administration, de l’aide sociale, et même de leur famille… Cela crée des vies craintives, méfiantes, enfermées. La foi en Jésus, et en Jésus seul, révèle à celui qui la reçoit qu’il ne dépend en rien du monde et des autres, que sa vie et son avenir sont entièrement garantis par Jésus, parce que Jésus est ressuscité pour lui, a vaincu pour lui toute adversité. Celui qui croit en Jésus n’a donc plus rien plus à craindre ni d’ailleurs à attendre du monde et des hommes, mais il a tout à partager avec eux.

La conséquence, c’est que la foi en Jésus et en lui seul libère la créativité, le dynamisme, le progrès que l’on constate effectivement dans les sociétés où elle s’est répandue. Par le Christ seul, l’homme est rendu capable de prendre en main sa vie et le monde.

Phare FM : Vous avez dit : Tout à partager, avez-vous dit… C’est quoi ce « tout » que les chrétiens peuvent partager ?

Chroniqueur : Ce « tout », c’est deux choses… La première c’est l’amour, et la deuxième c’est la vie. Celui qui croit en Jésus reçoit tout l’amour de Dieu. Et celui qui reçoit l’amour de Dieu reçoit la vie éternelle. Mais il reçoit aussi la puissance, on pourrait dire la liberté de partager autour de lui cet amour qui fait vivre. Parce que vivre, c’est aimer. Dans la Bible, il y a un passage qui dit : Nous pouvons aimer, parce que Dieu nous a aimés le premier, en nous donnant Jésus.