Grain de poivre du 24 mars – Jean-Yves Peter – 500ème anniversaire de la Réforme (partie 4)

Cette année c’est le 500e anniversaire de la Réforme ! Quel était son but ? En quoi a-t-elle impacté notre société et qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Jean-Yves Peter, notre chroniqueur, nous donne des réponses.

 

Phare FM : Le 500ème anniversaire cette année de la Réforme et des Églises protestantes est l’occasion de parcourir les principes du protestantisme proclamés par Martin Luther, et surtout de voir ce que ces principes ont apporté à notre société d’aujourd’hui. De quoi parlons-nous ce matin ?

Chroniqueur : Aujourd’hui, nous parlons d’un double principe proclamé par la Réforme, qui est le cœur même de ce que nous croyons, c’est-à-dire de ce que Dieu accomplit par Jésus en nous.

Phare FM : Comment s’appelle-t-il ?  

Chroniqueur : Ce double principe se dit en latin « sola gratia, sola fide ”, qui veut dire « Par la grâce seule, au moyen de la seule foi ».

Phare FM : Qu’est-ce qui est « par la grâce seule, au moyen de la seule foi ? »

Chroniqueur : Il manque à cette phrase l’essentiel : De quoi la grâce et la foi sont-elles le moyen ? Réponse : elles sont le moyen du salut. La foi chrétienne, c’est la foi en la vie sauvée, sauvée de la mort. Ce n’est pas la foi en une vie meilleure, plus longue ou plus douce, c’est la foi en la vie éternelle ; la foi que l’homme a été créé non pas pour mourir mais pour vivre, parce qu’il a été créé par amour, et que l’amour est éternel.

Phare FM : Mais alors, pourquoi y a-t-il la mort ?

Chroniqueur : Parce que les hommes se sont détournés de Dieu. Ils n’ont pas voulu vivre de son amour mais vivre par eux-mêmes, parce qu’ils ont été abusés par l’orgueil que la Bible appelle le péché. Et en séparant les hommes de l’amour de Dieu, l’orgueil les a séparés de la vie ; il les a condamnés à mort. C’est bien notre situation !

Mais l’amour de Dieu a une vertu toute puissante, qui est la fidélité. Parce que son amour est fidèle, Dieu fait grâce aux hommes qui l’ont rejeté. La grâce, c’est ce qui annule une condamnation ; la grâce de Dieu annule notre condamnation à mort. Et Dieu fait cela en Jésus, qui s’est sacrifié pour ça. Et ce salut ainsi obtenu est sola gratia : la grâce de Dieu en Jésus est le seul moyen d’être sauvé de la mort.

Phare FM : Et comment recevoir cette grâce de Dieu ?

Chroniqueur : Tout simplement en y croyant. La seule condition à la grâce de Dieu, c’est d’y croire. Autrement dit, de croire que Jésus est Dieu qui vient nous sauver, et que sa résurrection, c’ est notre résurrection, notre retour à la vie éternelle, indépendamment de toute considération liée au mérite. C’est un principe bien plus que protestant ; c’est le cœur de l’Évangile, de la foi chrétienne.

Phare FM : Mais pourquoi a-t-il fallu réaffirmer cela ?  

Chroniqueur : Parce que l’Église avait oublié que sa mission, c’est d’annoncer la grâce, pas de l’accorder ou de la refuser. L’orgueil est malin – plus malin que les chrétiens ! – et il a inspiré à l’Église de s’interposer entre la grâce de Dieu et les hommes, et finalement de soumettre la grâce, le salut, l’obéissance à l’Église. Ce qui a conduit au commerce de la grâce contre lequel Luther a protesté et rappelé que si on est membre de l’Église, ce n’est pas pour être sauvé, mais parce qu’on a été sauvé par Jésus. C’est la grâce de Dieu, que l’Église ne peut ni conditionner, ni compléter.

Toutes les Églises sont en permanence menacées par un tel orgueil, l’orgueil de se dire moyen de grâce.

Phare FM : Est-ce que ce principe a apporté quelque chose à notre société ?

Chroniqueur : Elle a apporté le fait que la dignité humaine n’est pas établie par les hommes : elle est inaliénable. C’est le droit de l’homme fondamental. Voilà ce le salut par la grâce seule au moyen de la seule foi en Jésus a apporté à notre société.